Ce Samedi 22 Juillet 2017, Yogann Ap Pedale !

Léogâne, commune de la République d’Haïti, réputée pour son passé glorieux, son histoire merveilleuse, son tafia original, ses clubs de football, sa culture, ses sites historico-touristiques et son hospitalité, est située à 33 Kms du Sud de Port-au-Prince. Riche en couleurs et en animations, cette ville souriante, accueillante et très mouvementée ne cesse de susciter l’envie de sa découverte par les passionnés du tourisme et d’excursions. Du Rara, l’une des plus grandes fêtes populaires haïtiennes, elle en est la capitale. Du football, elle en fait une référence. Qui n’a jamais entendu parler des clubs de football Cavaly et Valencia ? Ou de célèbres footballeurs haïtiens comme Pierre Jean Jacques et André Innocent dit Ayile ? Carlo Marcelin en sait quelque chose !

Dans cette commune extraordinaire qui a vu la naissance du seul Roi du Compas Mamba de notre folklore, l’immortel Coupé Cloué ; qui a donné naissance et bercé la diva de la musique créole, la très célèbre Carole Démesmin ; du grand Rodrigue Milien, de l’incomparable Dieudonné Larose, de Samuel Lubin notre fameux King Kessy (de regrettée mémoire), nous vous invitons à venir pédaler avec nous.

Au Royaume de la Reine Anacaona, nous ne vous convions pas au déhanchement. C’est l’été ; nous vous entraînons dans une excursion, une course réputée de cyclisme qui vous mène à la découverte de Léogâne. À l’initiative de Yogann Ap Pedale (YAP), ce Samedi 22 Juillet 2017, les vacanciers de Léogâne et des zones avoisinantes se prendront en chasse dans une véritable journée sportive où la bicyclette sera à l’honneur.

En Haiti, la bicyclette est ce moyen de locomotion vieux de plus de deux siècles. Écologique et très respectueuse de la nature, elle est un moyen de transport très économique pour les marchands ambulants et un bon exécutoire contre les nœuds de circulation particulièrement pour les écoliers.

L’évènement attire déjà des centaines d’internautes sur sa page facebook et motivent de plus en plus d’intéressés.

Vous voulez découvrir Léogâne ? Son paysage ? Ses rivières ? Sa faune ? C’est le moment !

De la Place Sainte-Rose, on longera la Grand’ Rue jusqu’au tronçon de la Route Nationale. On suit la RN2 jusqu’au Carrefour Darbonne, on longe la route de Darbonne en traversant la Route Neuve jusqu’à Darbonne. De là étant, on continue sur la Route de Belle Fortune, on traverse la Rivière Rouyonne, on continue sur les Routes Cabaret Deslandes, Verjot, Citronnier Vert pour finir au domicile de Mme Simone Ovide Duvalier, épouse de François Duvalier.

 Pour participer à ce critérium, aucune exigence d’athlète, pas de vitesse record ni d’endurance limite. Il est requis du participant de se faire accompagner de son vélo, dans la tenue qui lui sied le mieux, débardeur ou maillot, jeans ou shorts, basket ou autres chaussures confortables.

 Yogann ap Pedale est une initiative des Léogânais qui incite les gens à réutiliser la bicyclette comme moyen de transport. En Février 2017, elle a réalisé le plus grand évènement sportif, genre cyclisme amateur, à Léogâne.

 Nous vous souhaitons la bienvenue et bonne participation !!!

 

​​Gérald C. Toussaint

Premiere Edition Yogann Ap pedale

Compatriotes,

La liberté acquise par nos ancêtres est le fruit d’une lutte intense durant laquelle nos héros faisaient preuve de conviction et de détermination. Ils nous laissent en héritage la première république noire indépendante du monde,. Cette derniere a été frappée dès son stade embryonnaire d’une crise de traîtrise et de coups bas. Aujourd’hui, nous vivons des jours sombres, au cours desquels la torpeur la plus humiliante nous chiffonne. Nous parlons de la révolution, de la réforme institutionnelle, mais les oppresseurs, les barbares qui ont ensanglanté notre sol depuis 1806 sont parmi nous. Le nom des impérialistes lugubre encore nos murs et, nous nous croyons être libres! Notre sécurité dépend d’une force étrangère qui met, en toute évidence, notre souveraineté dans la poubelle. Nous avons osé être libres, nous avons osé être les progénitures de l’empereur, osons l’être par-nous mêmes et pour nous-mêmes. Il est urgent à se rendre compte qu’il faut, à tout prix, nous ravir des impérialistes qui ont grandement contribué à nous plonger dans cette lamentable situation, les désirs de nous diviser. Menons ensemble main dans la main une bataille structurée et organisée.La lutte ne doit pas être clanique, mais il faut que nous puisions dans les racines de nos ancêtres afin de trouver des mots sacrés capables de nous rallier. Envoyons ensemble un signal clair et puissant au monde entier, qui signifiera la victoire et la réunion de tous les *premiers noirs*. En nous mettant en faisceau, le nom de Dessalines sera redevenu en horreur à tous les pays instaurateurs du néocolonialisme, et que les tyrans et les despotes ne le prononceront qu’en maudissant le jour qui l’a vu naître. Je vous exhorte de cesser de subir la barbarie des étrangers, nous sommes victimes du choléra par ces derniers. Pensons à contruire ensemble l’homme Haïtien. Nos vies leur ressemblent trop ,nous portons leurs empreintes, il faut penser pour nous, par nous et ensemble. Les traites sont parmi nous, et nous nous croyons être libres, nous devons traiter avec rigueur dessalinienne les vautours qui mangent notre mère. Enfin, il faut par un acte d’autorité nationale, jurer de poursuivre les traîtres et ses acolytes à jamais, sans lequel ils seront toujours les marchinateurs de nos divisions. *Waldeme JOSEPH*

La réalité poignante d’une scène de théâtre de rue

Dimanche 30 Août dans les rues de Pétion-Ville s’est passée une scène causasse qui est devenue rapidement virale sur les réseaux sociaux. C’est l’occasion de saluer la troupe BIT Haïti pour ce spectacle qui a fait remonter des souvenirs datant de 2012 où l’association Rasin Lespwa dans le cadre d’un festival avait entrainé la population de Darbonne dans un après-midi délirant avec un concept similaire. Mon papier ne souhaite pas insister sur la réussite de la prestation tant les gens se sont faits avoir (passants, lecteurs, medias, spectateurs ; relayeurs internet et les commentateurs pour ne citer que ces groupes la) mais je vais plutôt m’attarder sur les résultats de cette simple scène d’un point de vue sociologique. En regardant le comportement des « acteurs involontaires » sur les artistes du spectacle, on se rend bien compte qu’il n’y avait aucune compassion au contraire, les commentaires étaient empreints de mépris, de contentement et d’irrespect. Au-delà de l’image minable que ces comportements exhibaient aux yeux du monde, les propos et le comportement de ces gens nous ramènent à d’autres réalités plus interessantes. • Le meurtre de la vie privée sur l’hôtel des medias de masse On peut comprendre que le droit d’observation est aussi immuable que celui de l’existence. Mais ce droit n’exclut pas la liberté de l’autre à mener son existence, ni son droit d’image d’ailleurs. Sur plusieurs réseaux sociaux certains ont déploré les captures d’images vidéo et photos à l’aide des téléphones portables et la diffusion de ces dernières sur internet. On peut également, et à juste titre, condamner les nombreux propos insultants qui ont été proférés à l’égard de la « mariée délaissée » et ses amis. Il fut un temps où la liberté de l’autre commençait là ou finissait le nôtre, et cette frontière réciproque garantissait un tant soit peu de respect. Aujourd’hui, la notion de vie privée a été sacrifiée, torpillée par une communication de masse mal maitrisée, jetée aux mains « d’ignorants » (précisons bien ignorants et donc pas forcement analphabète en insistant sur la nuance). On peut écrire une encyclopédie complète sur les dérives de la technologie de masse en Haïti (on reviendra surement sur ce sujet dans un autre papier). On retiendra le décalage entre les progrès de la société et les progrès du monde. Quand le droit, l’éducation, la responsabilité, les droits de propriété intellectuelle et matériels sont archaïques, ajouter la communication de masse crée un mélange explosif. Et si les catalyseurs que sont les medias (sites d’information, radio et télé) qui sont sensés réguler ce dosage mortel ne remplit pas son rôle; alors c’est la catastrophe. Ce qui me ramène à la seconde découverte de ce fait divers. • La violation de principes éthiques du journalisme à des fins de sensation La déclaration internationale de la Fédération Internationale des Journalistes (FIJ) adoptée en 1954 et amendée en 1986 est claire sur les questions de vérité (articles 1), fiabilité des informations c’est-à-dire connaitre sa source (article 3), la rectification des informations erronées (articles 5) et condamne le plagiat et la calomnie qu’elle qualifie de faute professionnelles grave (articles 8). On dit qu’Haïti est un singulier pays ! C’est peut-être pour ça que certains de ces principes sont fréquemment bafoués. A voir ce qui est a été écrit et diffusé sur ce théâtre de rue, on réalise bien vite qu’il n’y a pas eu de vérification de l’information. Donc, la recherche de la vérité a été négligée pour ne pas dire oubliée. Au nom du sensationnel, on n’a pas hésité à balancer vidéo et photos sans prendre le temps de comprendre, d’essayer de contacter les concernés et en savoir plus, leur donner la possibilité de rétablir la vérité les concernant, et dans ce cas précis leur vérité. La troupe a communiqué sur l’évènement, on est en plein Carifesta où le pays est en train de montrer ses talents culturels aux pays de la Caraïbes, on aurait trouvé la vérité si on avait ne serait-ce une once de bonne volonté à la révéler. Mais on demandera qui se soucient de la vérité dans ce pays où son excellence lui-même traite son ministre de la communication (par ailleurs porte-parole du gouvernement) de menteur « professionnel » et « patenté ». En tout cas, pas cette frange de la population si bien représentée par ce groupe de badauds piégés dans leur curiosité et qui allaient finalement délivrer un spectacle accablant, nonchalant et si attristant, là encore révélateur d’un mal plus puissant. • L’échec de l’autre comme indicateur de réussite personnelle La plus triste des images de ce théâtre de rue n’est pas venue de la femme délaissée mais provient du plaisir qu’on éprouvé les passants dans le malheur de cette pauvre fille abandonnée sur le parvis de l’église. Comment est-on arrivé là ? Pourquoi rire du malheur de l’autre ? Où est passé notre compassion de frère ; de sœur ; de chrétien ; de croyants ou tout simplement de collègues « galériens » ? Quand une société n’a presque plus d’idéal, quand les rêves meurent dans le sommeil, quand le progrès de soi devient une utopie, quand on vit une vie d’inertie voire de recul constant, la seule façon de rester devant c’est si l’autre recule plus vite, l’unique moyen de réussir est à travers l’échec de l’autre. C’est mathématique et logique mais aussi triste à mourir. A l’image de plusieurs institutions du pays et de nombreux concitoyens, la valeur ne se mesure plus a son utilité intrinsèque mais en fonction de la médiocrité des autres. Combien de fois on entend « w’ap pale de mwen, entèl fè pi mal », histoire de relativiser. Triste réalité d’un pays en proie a un vrai malaise social. On peut donc conclure qu’au-delà de son succès, la scène du 30 Août a mis en évidence des réalités poignantes d’une société en constante décadence depuis trop longtemps. Il est plus que nécessaire de faire une évaluation de nos problèmes afin d’engager les changements de fond qui s’imposent, remodeler ou tout simplement redéfinir notre projet de société pour se donner la chance de pouvoir amorcer un jour le développement de ce pays. Marie A. Alliance Marie Alliance est économiste du développement, analyste de projets de développement internationale, en poste en Afrique de l’ouest. Citoyenne militante, elle a accompagné et continue d’accompagner plusieurs organisations communautaires haïtiennes à mieux se structurer tout en travaillant au développement un réseau de jeunes professionnels citoyens au service du développement du pays. Pour tout commentaire, question, critique ou suggestion sur cet article, écrivez à : ma.alliance13@gmail.com

De l’idée à l’investiture

5 conseils pour réussir son ascension électorale

 

Peut-être lié aux effets secondaires d’une série télévisée à succès, sachant qu’il ne pourra jamais obtenir sa décharge, il décida de devenir conseiller électoral. Ne jouissant que de la notoriété fictive, spécialité d’un réseau social bien connu pour sa capacité à créer des stars sans importance rivalisant de conneries de toutes sortes pour remporter le concours des pouces levées. Il s’évertue à élaborer un guide, une sorte d’avant gout pour ses futurs clients. L’idée étant de trouver quelques astuces pour convaincre les quelques 41000 clients potentiels (toutes catégories confondues, il y a plus de 41000 candidats aux joutes électorales haïtiennes).

Et dans le cas où aucun des âmes, au grand cœur et à la petite poche, prêtes à tout sacrifier pour sauver le pays ne se presseraient à la porte de son pseudo cabinet, il aurait le mérite de mettre des mots sur des maux provisoires qui rongent le pays depuis des décennies.

C’est ainsi qu’il décida de rendre publique les grandes lignes de son guide intitulé : « 5 conseils pour réussir son ascension électorale ». Dans l’ordre croissant d’importance, les conseils se déclinent de la façon suivante :

 

  1. Avoir un minimum de capacité

Bien qu’il ne soit nécessaire d’avoir un doctorat pour se porter candidat, mieux vaut savoir distinguer « a dans une feuille de malanga[1] ». Un candidat se doit d’être à même d’analyser une situation simple et de prendre de bonnes décisions ; d’éviter de signer des documents sans comprendre ; pouvoir s’informer et se former. Aussi parce que la population est de plus en plus éduquée, il est de plus en plus mal venu de se faire représenter par des illettrés. Pouvoir au moins voir clair.

 

  1. Maitriser les langues de bases

Il est de notoriété publique que tous les haïtiens parlent français mais pour éviter tout malentendu, il vaut mieux utiliser le créole pour s’adresser à la population vu qu’environ la moitié des gens ne maitrise pas vraiment les tournures de la langue de Molière. Donc il est important de parler créole.

En tant que candidat, en tant qu’élu ou même simple citoyen, on se fera regarder de travers par les fonctionnaires collet monté de Port-au-Prince si on ose entamer une conversation en créole. Donc il faut maitriser le français.

Comme une bonne partie du lait à téter par Haïti provient de l’oncle Sam et ses alliés ou passe par eux, et parce que beaucoup d’organisation font l’erreur d’envoyer des managers anglophones dans le pays le plus pauvre d’Amérique, ce serait dommage d’entendre « prier 9 fois par jour » alors que le sujet débattu concernait « 9 projets de développement qui voleront sans jamais pouvoir atterrir ». Du coup, des connaissances en anglais deviennent très pertinentes.

Enfin, compte tenu des relations compliquées avec la république voisine, du fait qu’ils ont déjà capté la plupart des marchés de construction du pays et qu’il faut pouvoir commander les produits agricoles de base là-bas. Un niveau minimum en espagnol est un plus non négligeable.

Cela dit, nul besoin d’être polyglotte. Des débuts de conversations devraient suffire parce qu’avant la fin du discours la plupart des officiels seront en train de dormir.

 

  1. Disposer au moins d’une vision à défaut d’un programme politique

Vu le nombre de bleus politiques qui concourent aux différents postes à pouvoir, et le fait que la question de « programme politique » n’est pas encore pleinement intégrée dans la culture électorale du pays, on peut comprendre que nombre de candidats n’en disposent pas. Mais cela ne dédouane pas de l’obligation d’avoir une idée claire pourquoi on veut se lancer dans la politique, pourquoi vouloir représenter les autres. Pourquoi vous et pas un autre est une réponse que tout candidat devrait maitriser. Il est hyper important que le candidat sache où il veut aller et pourquoi.

Si possible éviter les arguments de type « identifier les problèmes et les résoudre ». Car le problème du pays est connu, tous les candidats veulent résoudre les maux du peuple mais personne n’est en mesure d’avancer une méthodologie plausible.

 

  1. Essayer de péter rond

Tous les haïtiens connaissent l’expression « bouda ou won, wap peter kare ». C’est le propre des candidats aux élections. Le bonhomme concours à devenir maire d’une ville de seconde zone, il proclame qu’il va changer le pays.

Il faut arrêter avec cette débilité. Cette promesse n’est pas crédible et ne l’a jamais été d’ailleurs. Mais la différence vient surtout du fait que le peuple, à l’heure de la communication de masse, est pleinement conscient que ce pays ne changera pas, en tout cas pas avec les discours « patripochiques[2] », pardon les discours patriotiques habituels. Il faut mentir avec bon sens.

Définissez des objectifs atteignables et raisonnables. Bien que ça puisse paraitre risqué, il y a de forte chance de convaincre l’électorat jeune progressiste, et comme il représente une part importante de la population, et comme ils sont plus dynamiques, et donc plus nombreux à déposer leur bulletin dans l’urne. La probabilité de l’emporter reste conséquente.

 

  1. Avoir un budget à la hauteur de son ambition

Un candidat fauché est un voleur à priori. Combien de fois a-t-on entendu l’expression « nèg la pa menm ka manje yon lam ak aransèl, li bezwen mwen moun al vote pou li. Volè li bezwen al volè wi ». Il faut souligner que les données disponibles n’ont pas réussi à prouver sans doute raisonnable que ceux qui pouvaient manger rôti en tant que candidat ne bouffent les ressources de leur administration. Bref, je dis ca, je ne dis rien. Il faut faire bonne impression. Et ça passe inexorablement par la capacité de débourser.

Comme dans tous les pays du monde, se porter candidat est un investissement colossal, pas seulement en termes d’énergie mais surtout en ressources financières. Impossible d’échapper à cette règle surtout quand il y a plus des milliers de candidats à la quête de centaines de postes, et qu’ils utilisent tous l’argument du changement pour convaincre. Un peu de billets distribué ça et là devrait convaincre les plus réticents. Dans les pays du nord on appelle ça « frais de campagne », dans les pays du sud ca s’appelle « corruption », cela dit les intentions, les résultats et les conséquences ne sont guères différents.

Il faut être prêt à faire face aux nombreuses dépenses qui joncheront le parcours de la candidature à l’investiture : payer le conseiller pour les autres conseils « non gratuits » qui suivront ce guide, le leader du quartier, les supporteurs des autres camps et toutes les autres personnes qu’il serait préjudiciable de citer dans ce guide à cause justement de leur bonne vertu. Mieux vaut avoir un magot conséquent et prêt.

A la question de savoir où trouver les financements, on analysera les possibilités au cours de la collaboration (dans le monde les exemples ne manquent pas).

  1. Bonus

Le dernier conseil bonus concerne la capacité à encaisser parce qu’a la fin du jour les résultats suivront les mêmes probabilités qu’une roulette russe. Et la seule explication plausible sera « c’est normal » car trop de candidats pour un si petit pays !

 

En conclusion, un bon candidat et un élu potentiel est un individu capable (finance, intelligence et aisance) et pragmatique.

                                                                                                                                    

Fersam Allifleur

Observatrice

Rapportrice d’un conseiller électoral en mal de publicité

 

[1] Traduction litterale de l’expression « a nan fèy malanga »

[2] Ce terme n’existe pas dans les dictionnaires français à disposition, dans ce cas ci c’est un adjectif dérivé du terme « patripòch » couramment utilisé pour parler des discours populiste visant à convaincre l’électorat afin de remplir sa poche une fois élu.

15 Octobre 1994 et ses 20 ans de séquelles

C’était un samedi, 15 Octobre 1994, toutes les chaines de télévisions diffusaient en boucle les images, le pays entier retenait son souffle, tous les yeux étaient braqués sur le Tarmac de l’Aéroport International de Maïs Gâté. La restitution du président déchu dans ces fonctions était imminente, une sorte de rétablissement de la démocratie.

Aujourd’hui marque les 20 ans de cet événement. Et on s’interroge. Les efforts consentis pour faciliter ce jour valaient-il la peine ? Le prix économique et les conséquences sociales ont-t-ils été à la hauteur des enjeux du moment et des résultats obtenus?

Pour tenter de répondre à ces questions, on va en 5 actes, comme au théâtre, revenir sur la chronologie des évènements ayant conduit à ce rendez-vous du 15 Octobre 1994. La démarche suivie, les implications et les conséquences des mesures prises.

Acte I : Le coup d’Etat. Au matin du lundi 30 Septembre 1991, sans avoir bu Haïti se réveille avec une gueule de bois terrible, la nuit du 29 Septembre ne fut pas ordinaire. Une chose horrible venait de se produire. Après la victoire nette et démocratique du 16 décembre 1990, et moins d’un an (7 mois et 23 jours) après sa prise de fonction le 7 Février 1991, le leader charismatique du Front National pour le Changement et la Démocratie (FNCD) venait d’être brusquement rejeté par l’armée et les élites économiques. La démocratie tant souhaitée venait de subir un nouveau revers.

Acte II : L’instabilité. « Beton an cho » comme on a l’habitude de dire. Les exactions de tout genre sont commises. La répression est partout. Ce qui peuvent filer dans les pays voisins prennent le voile, ceux qui ne peuvent pas subissent soit en rejoignant les dominants (enrôlement au nouveau corps dénommé FRAP) soit en faisant profil bas, voire très bas.

Acte III : Des mesures drastiques. Les mesures de rétorsion (sanctions financières et commerciales) prises contre la junte militaire ont été dures, une sorte d’antidote mortelle contre une maladie grave sur un patient déjà fortement affaibli.

Comme vous pouvez le constater sur le graphique, les conséquences des mesures restrictives prise par les USA et les Nations Unies combiné à l’instabilité politique du moment ont causé beaucoup plus de tort à la croissance du PIB que le séisme dévastateur du 12 Janvier 2010.

A cela s’ajoute plus de 20 000 Soldats américains et autres déployés sur le pays pour lutter contre une armée haïtienne d’environ 7000 hommes au total. Au final, à part un incident au Cap haïtien cette occupation s’est fait sans rencontrer de résistance. Et dans la continuité de cela, le démantèlement de l’armée en 1995 remplacé par une police de seulement 4000 hommes au départ. Quid de la délinquance n’a cessé de croitre depuis ?

Acte IV : Le choc économique. Comme une catastrophe silencieuse il a tout balayé sur son passage, les filets sociaux, les faibles infrastructures de base qui peinaient à fonctionner. Il a également creusé le déficit extérieur, contribué à accroitre la dette publique, créé de l’inflation (très fortement alimenté par l’embargo sur le pétrole comme tenu de la forte corrélation entre ce bien et les principaux indices de prix du pays). Cette période 1991-1994 a été marqué par une croissance rapide du taux de chômage.

Acte V : Et Après ? Un président restitué pour le reste de son mandat, suivi par un quinquennat de son ancien premier ministre et un retour au pouvoir pour le moins surprenant avec les 89,77point de pourcentage d’écart entre l’élu et 2e. On ne remet pas forcément en cause la popularité du gagnant mais l’absence d’alternatifs proposés dans cette élection du 26 Novembre 2000. Le souci est flagrant. Dans certains pays, les candidats n’ayant pas réalisés 5% ne reçoivent pas de dotation de compensation, ici 6 candidats se partagent 8.19% contre un Goliath qui affiche 91.81%.

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Capture d’écran Wikipédia sur l’élection du 26 Novembre 2000

Et pour ajouter la cerise sur le gâteau, ceux là même qui n’ont pas hésité une seconde à sacrifier les intérêts du pays et du peuple pour ramener le protégé allaient en 2004 le chasser lors d’une démission troublante. Comme on dit « le vent a tourné ».

 

Au regard des faits, et du résultat, à la question de savoir si tous ces sacrifices valaient le coup, on peut sans risque dire que non. Le prix social et les sacrifices économiques étaient trop élevés. Aujourd’hui encore Haïti peine à se relever des dommages collatéraux de ce traitement de surface visant à calmer la souffrance visible qui aura entrainé des conséquences dévastatrices.

Les seules nuances qui peuvent être apporté à ce constat alarmant c’est la déduction des effets qu’aurait causés le coup d’état sans ces mesures de distorsions. Car comme dans toute tentative d’analyse comparative, c’est compliqué de déterminer la courbe d’évolution de l’économie du pays si ces mesures de répression n’avaient pas été prises.

On conclura en disant que si « ne rien faire » paraissait inacceptable, « en faire autant pour si peu de résultats » est tout aussi désolant. C’’est pourquoi les haïtiens doivent réfléchir à deux fois avant d’ouvrir toute boite de pandore pouvant nous conduire à des situations de « un remède à court terme pour des effets secondaires permanents ».

15 Octobre 1994 – 15 Octobre 2014, vingt ans d’agonie pour un jour d’euphorie.

 

Fersam Allifleur

Souple …Pa mande m kont !

Nan mont mwen li sonnen deja 6 zè nan aprèmidi dimanch 12 oktòb 2014 sa. Kèk nyaj wondonmon pran pouse do solèy la, pou fè plas pou yon ti lapli yenyen. Men sa pa anpeche Lakou ka Monayis wete chapo byen ba pou salye moun ki soti tribòbabò pou patisipe nan dezyèm edisyon dimanch krik krak. Aktivite sa se youn pami  yon latriye lòt kap fèt nan okazyon Festi kreyòl, yon inisyativ Rasin Lespwa ak Kreyolab depi deja twa lane.

Anba gwo pye mango lakou a, yon ti van tou frèt tap karese fèy yo. Moun ki pat jwenn plas, te kouri pran refij yo sou tèt yon gwo pil wòch ki tou pre a. Yo pat vle pedi anyen nan evènman sa.  Eske lakou a ap domi. Se ak pawòl reveye nanm sa Jefte Thélisma animatè bibliyotèk la ta pral lanse gwo aktivite sa. Non lakou a pap domi. Se konsa, nan yon bèl anbyans, timoun, jennjan kou granmoun te rankontre pou rakonte listwa dyabbaka, listwa pastè kap chèche dechèpiye fidèl, listwa adelina bèl pase lalin,  listwa misye wa ki lanse pinga ak moun ki jwenn non twa pitit fi l yo, listwa malis ki yon lòt fwa, fè jwèt mètdam sou bouki pou volè bèl chodyè madanm li an, elatriye.

Jaklin komanse gen cheve blanch. Men li raple l : Nan lakou isit se te yon yon tadisyon lè m te jenn ti gengenn. Nanpwen dimanch aprèmidi timoun pat konn vin chita anba pye mango sa pou tire kont epi tande bèl listwa granmoun. Jouk jounen jodi m pa janm bliye sa, m konn pè kou sourit lè nou fin tande kont dyab sèt kòn nan lè m pral dòmi. “Sete tou labèlepòk kote ti jennjan ap vin kase bèl ti mo gangans nan zorèy nou apre yon lago kache nan moman plennlin.”

Jasmin gen 12 zan konsa, men sa pa anpeche l kwoke chòt tout la sosyete ki te rasanble nan lakou ka Monayis. Pèsonn pat ka reponn: M fèt sou tè m pè tè? Se ak de pla men yo te aplodi l lè yo aprann repons la se BATO.

Maryaj mizik/chan tradisyonel, blag ak tire kont sa rive kreye yon lòt fwa ankò anvi pou n rekonekte ak dantan nou. Chak moun ki tap kite lakou a, te gen nan bouch yo yon fraz oubyen yon pwovèb yo te aprann. Pyès nan yo pap bliye listwa moun fou ki t ap goumen ak yon kaka nen. Soti m manje w. Apre yon ti moman lizay pataj te jenjanm ak bobori, san bri san kont mwen pran wout tounen lakay mwen.

Max Grégory SAINT FLEUR

Décès de Jean Claude Duvalier : et si on tournait la page ?

Ce samedi 12 Octobre 2014 la famille et sympathisants de Mr Duvalier se sont recueillis devant sa dépouille. Pour certains le fait qu’il n’ait pas reçu de funérailles nationales par respect pour les victimes est une petite victoire pour d’autres c’est une égratignure à sont statut d’ancien chef d’état.

Cette semaine, j’ai été plusieurs fois interpellé par des collègues ou amis ici en Afrique par rapport à cette actualité. Ils voulaient me souhaiter condoléances. Je répondais toujours un souci en moins pour cette nation qui a tant souffert. Je soulignerai que ma famille proche n’avait pas été ni victime, ni complice du régime. Face à mon insensibilité  beaucoup de gens m’ont conseillé de tourner la page, et m’ont invité  à regarder vers l’avant ce que nous autres haïtiens pouvons encore sauver. Quelle guérison nous pourrions apporter aux dégâts causés par ce régime.

Je ne me rappelle pas vraiment les évènements de 86 – j’étais trop jeune pour comprendre. Je n’apprécie pas non plus la majeure partie de ce que j’ai appris plus tard sur ces temps là. La répression, les abus, les disparitions, l’exil, la corruption et j’en passe. Mais en analysant ce qui se passe dans ce pays depuis, les acquis qu’on a perdu, le contexte dans lequel cet homme a eu à évoluer je ne peux que m’interroger. A qui la faute ?

Beaucoup d’expert se sont penchés sur la question de la dictature. N’étant pas l’avocat du diable je ne vais pas remettre en cause les positions de quiconque. A l’occasion du décès de « Baby doc » comme on le surnommait, je voudrais juste revenir sur quelques circonstances atténuantes.

  • L’âge du bonhomme

Arrivé au timon des affaires à seulement 19 ans, l’âge où tout le monde a envie de s’amuser. Sa biographie sur Wikipédia évoque qu’il délégua une partie de son pouvoir à la famille (sœur, mère et d’autres officiels du règne de son père). Qui fut assez fou pour laisser la gestion d’un pays à un adolescent ? Qui pis est un adolescent qui a été forcé de devenir majeur pressé par une pirouette administrative. Il est de notoriété publique que l’abus du pouvoir rend fou, que dire de ces effets sur un cerveau aussi immature que celui de J C Duvalier en 1971?

  • L’entourage du pouvoir

Le souci avec l’héritage est souvent l’absence de volonté de l’héritier. A mon avis J C Duvalier ne fut pas un homme politique étymologiquement parlant. C’était un héritier politique. S’il est à blâmer pour ce qu’il a fait ou n’a pas su empêcher d’arriver ou encore ce sur quoi il a fermé les yeux, on ne saurait dédouaner son entourage, tous ces avides de pouvoir prêt à tout pour continuer à profiter de leur privilège.

  • Ce qu’on peut regretter

Parfois je rencontre des duvaliériste nostalgiques qui me racontent que de leur temps, il y avait la lumière (temps électricité et éclairage publique), les touristes rentraient, la gourde valait quelque chose et qu’on pouvait circuler en ville si tant est qu’on retenait sa langue sur tout ce qui touche au pouvoir. Ces quelques infrastructures étaient surement de maigres consolations au regard de la terreur de la répression, de l’absence de la liberté d’expression. Sommes-nous plus libre aujourd’hui où nous nous cachons des kidnappeurs et d’autres apaches ? Avons-nous mesuré les conséquences sociales et économiques de la libération de notre expression face à la prison virtuelle que nous imposent la violence et la délinquance ?

Avec tout mon respect qui leur est dû j’adresse ma sympathie aux milliers de victimes des décennies de terreur que fut la période 1957-1986 pour qui justice ne sera jamais rendu.  Comme j’ai écrit tantôt, je m’interrogeais juste. N’est-il pas le moment de tourner la page et de regarder vers l’avant ? Un jeune pour qui j’ai beaucoup d’estime aime à dire «  Que sa génération ne passera pas sans que les choses changent dans ce pays », puisse ce vœux soit le crédo de chaque haïtien pour que Haïti cesse de connaitre ces épisodes tristes. Car force est de constater que de 1986 à nos jours, nous n’avons pas beaucoup progressé.

Que la puissance du pardon puisse nous détourner de notre passé, nous donner la force de penser nos blessures. Puissions-nous  enterrer avec la dépouille de Duvalier les séquelles de nos souffrances passées afin de pouvoir avancer vers l’égalité dans l’unité et la fraternité tel que stipule notre devise nationale.

Pa bliye ke se nan linyon fòs nasyon sa ye !

Fersam Allifleur ( Octobre 2014)

Léogâne : maintenant qu’on a touché le fond et si on tentait remonter à la surface

Ce matin j’ai vu des photos du pont de Momance bloquée. J’ai cru apercevoir un appel à manifestation pour le mercredi 1er Octobre 2014. Une pétition au titre évocateur  « LAURENT LAMOTHE : Leogane pap sede okenn teritwa bay Gressier » circule sur le net en ce moment.

 

L’histoire

En suivant le lien http://www.change.org/p/laurent-lamothe-and-michel-martelly-léogâne-pap-sede-okenn-teritwa-bay-gressier j’ai compris que sous prétexte de la création de la « Région des Palmes », une agglomération regroupant les communes de Léogâne, Gressier, Grand-Goâve et Petit-Goâve, la commune de Gressier tente de récupérer, encore une fois après l’obtention de Petit Boucan, une partie de la commune de Léogâne pour devenir plus grand en avançant sa frontière jusqu’à la Rivière Momance.

Parallèlement à cela, le nouveau projet de découpage administratif souhaité par le gouvernement visant à créer 6 départements supplémentaires aurait pour effet de détacher le quartier de Trouin de la commune de Léogâne pour qu’il devienne lui-même commune. De faire de la région des Palmes un département ayant probablement pour chef lieu Petit-Goâve.

Je rappelle que pour l’heure, la commune de Léogâne est le chef lieu de l’arrondissement de Lééogâne. Elle compte le centre-ville, et 13 sections communales (Dessources, Petite Rivière, Grande Rivière, Cormiers, Orangers, Citronniers, Palmiste à Vin, Gros Morne, Fond d’Oie, Beauséjour, Petit Harpon, Parques et Fond de Boudin d’où est rattaché le quartier de Trouin). Soit une superficie d’environ 385,23 Km² pour une population estimée à environ 200 000 habitants.

 

L’objectif de la pétition

Il s’agit en fait d’une pétition lancée par Dimitry Romulus plus connu sur les réseaux sociaux sous le nom de Majistra Romulus. M. Romulus est un activiste assez visionnaire à mon sens. Il ne cesse de proposer des idées intéressantes et même de lancer des initiatives visant à terme le développement de la commune de Léogâne.

L’objectif de cette pétition est de dénoncer ces décisions et inciter le gouvernement à repenser sa stratégie et donc à exprimer la volonté de la commune de Léogâne à garder son intégrité territoriale, son statut de chef lieu d’arrondissement et à garder son quartier de Trouin auquel la ville reste très attaché et surtout à garder les localités entre la frontière actuelle entre les deux communes et la rivière Momance, la population et les infrastructures qui y sont implantés dont la douane, les entreprises de bâtiments, etc.

 

Pourquoi j’en parle dans mon éditorial

Comme beaucoup de Léogânais qui ont signé cette pétition, cet article vise à relayer l’information pour que d’autres Léogânais puissent en entendent parler ; afficher mon attachement à cette commune dans son intégralité et sa diversité en affichant clairement mon refus à ce projet de déplacement des limites de la commune et surtout pour sensibiliser ceux ont envie d’agir pour donner à cette cité d’Acanaona l’éclat qu’elle mérite, à se lever et à s’unir pour faire front à cette mascarade, et surtout pour entamer enfin la longue marche vers la reconstruction.

Je suis convaincue que nous payons aujourd’hui le prix du transfert de Petit Boucan à Gressier, une vraie bêtise. On dit que « lè ou lonje men ede yon moun li rale manchèt li li koupe ponyèt ou ». Ce dicton décrit bien le cas la frontière entre Léogâne et Gressier. Il y a quelques années avec un collègue sociologue, on évoquait le cas de Petit Boucan et la bêtise de la commune de Léogâne quand ils ont jadis cédé ce bout de territoire à la commune de Gressier. En effet, en cédant cette section communale, Léogâne n’a pas seulement renoncer à une partie de ces terres au profit de son voisin mais il a aussi tourné le dos à une partie de son histoire en transférant la grotte Anacaona alors que Léogâne est la cité d’Anacaona.

En cédant Petit Boucan nous avons inconsciemment dit à Gressier que nous ne nous soucions pas de nos territoires, de notre histoire alors aujourd’hui elle veut tout prendre : aujourd’hui la douane, Mélier et ces nouvelles infrastructures, Flon et ses atouts etc. Demain ce sera quoi ? L’usine de Darbonne, la carrière de route de l’Amitié. ? Cette tentative est la goute d’eau qui devait faire prendre conscience à tout Léogânais qui porte cette ville dans son cœur de faire ce qu’il faut pour contribuer au progrès de cette communauté.

 

J’ai envie de proposer un plan de redressement à cette situation inacceptable qui s’articule autour de deux choses essentiellement :

 

Phase 1 : Contrer cette tentative mesquine d’expropriation d’une partie de notre héritage

Vu l’urgence de la situation, il faut exprimer notre désaccord avec cette démagogie. Signez la pétition !. En espérant faire respecter l’intégrité de notre territoire et donc le renoncement du gouvernement à ce plan machiavélique de démantèlement de notre commune. Tout Haïti sait que Léogâne a la capacité de se défendre sans violence quand ses droits fondamentaux sont menacés.

 

Phase 2 : Prendre en main le destin de notre cité

Nous devons agir vire parce que l’heure est grave. Nous ne pouvons plus nous reposer sur nos baux lauriers à regarder notre territoire dépérir : sans eau courante, avec seulement quelques heures d’électricité par jour, un niveau de chômage suffoquant, une délinquance grandissante, et j’en passe. Je sais qu’il y a tellement de chose à faire que la première question vous allez me poser est de savoir par où commencer ?

Par nous : Nous devons commencer à démontrer notre amour pour cette terre d’histoire. Au-delà de nos déclarations de fierté sur nos profils dans les réseaux sociaux, nous devons commencer à contribuer au progrès, à faciliter des initiatives durables, à promouvoir la production.

La diaspora n’est pas épargnée. Nous sommes nombreux, nous avons étudiés dans de grandes écoles, certains d’entre nous s’en sortent relativement bien, nous pouvons faire quelques choses, nous devrions faire quelque chose. Pas des actions de types (je loue une voiture chez un concessionnaire, je fume 2 ou 3 milles dollars US en 5 jours pour prouver que j’ai réussi à l’étranger). Non, je parle d’actions durables pouvant poser les bases d’un lendemain meilleur de type système AEP solaire sur un forage pour la distribution d’eau à un quartier, le développement d’un système d’électrification solaire dans une localité, appui à la reconstruction de nos institution publiques ou communautaire broyé dans le séisme, l’assainissement de nos quartiers etc.

 

Par nos atouts : La commune dispose de nombreuses richesses exploitables que nous devrions commencer à valoriser dont la rivière Momance si convoitée tout d’un coup par Gressier, l’usine sucrière, le Rara, nos montagnes et leur paysage et surtout nos compétences (récemment un ami postant une photo du tribunal de paix de Léogâne, une tristesse ! La recherche d’architecte ou d’ingénieur de bonne volonté pour travaille bénévolement sur un plan et le devis d’un bâtiment pour cette institution en vue d’évaluer les besoins et voir comment financer ce projet est restée lettre morte. Pas étonnant que la ville de Petit-Goâve a de plus haute instance judiciaire que nous. Je dis ça je ne dis rien.)

 

Par nos dirigeants : Les élections ont semble-t-il été reportées à novembre. Je comprends que ça fait longtemps qu’il n’y a pas eu d’élection locale dans notre pays, c’est le moment de réfléchir et choisir des dirigeants fiables (maires, député, CASEC, ASEC). Nous avons besoin d’être représenté par des gens ayant au point le courage de nous éviter des sacrifices exagérés pour soigner sa petite personne. Aujourd’hui nous sommes en train de payer les lourds tribus de décennies de démagogie, nous accepter de continuer dans cette voie et nous réveiller un matin avec Léogâne  section communale d’une municipalité voisine ou encore nous pouvons penser à 2 fois avant confier notre cité à des vendeurs d’âmes. Réfléchissez, choisissez, votez mais n’oubliez pas que vos choix comptent et participent à l’orientation que prendra notre chère cité.

 

Par nos enfants : Nous devons les préparer à devenir des hommes compétents, formés et consciencieux. Mais avant tout nous devons leur laisser un héritage dont ils peuvent être fiers, une ville qu’ils pourront aimer et chérir parce que nous avions choisis de la préservation contre les agressions extérieures.

 

Toi, moi, lui, nous tous ensemble nous pouvons changer le cap. Disons non à travers des actions constructives, progressistes et des initiatives positives.

 

Marie Antoine Alliance

Moun Yogann 100%

L’Association Alliance-Fleury soutien l’éducation à Cormiers (Léogâne) via le projet Klere chimen Siksè

Il était 11h du matin, ce vendredi 11 avril 2014 quand la cérémonie de fourniture de lampes solaires à des enfants de classes de CM2 a commencé dans les locaux du bureau de CASEC de la section communale de Cormiers. Malgré un peu de retard généré par quelques imprévus de dernières minutes, l’événement qui s’inscrit dans le cadre du projet pilote Klere Chimen Siksè s’est bien déroulé. Un effectif de 41 élèves de CM2 provenant de 4 écoles primaires de Cormiers ont reçu chacun une lampe solaire de types S2 de la marque D.light solar et quelques précieux conseils prodigués par 2 jeunes professionnels pour qui l’éducation a été le pilier porteur de la réussite. Enfin, une séance de rafraîchissement photo a clôturé le moment.

Radyonou a rencontré l’une des représentants de l’Association Alliance-Fleury en la personne de Marie Antoine ALLIANCE qui a bien voulu répondre à ses questions.

 

Radyonou : Pouvez-vous nous parler de la genèse de ce projet, les objectifs et les raisons qui motivent votre axe d’intervention ?

MAA : Cette distribution est le fruit d’une réflexion menée par un groupe de personnes vivant dans la diaspora et en Haïti qui ont voulu s’unir pour contribuer à l’effort collectif qui se fait et qui doit se poursuivre pour mettre nos territoires sur les rails du développement. Ce projet pilote d’Appui à l’éducation à travers l’amélioration au sein des familles des conditions d’apprentissage des écoliers a émergé de la rencontre de plusieurs paramètres notamment notre envie d’innover (se différencier des projets habituels pour mieux les compléter), les besoins identifiés (les enfants fournissent beaucoup d’effort pour accéder aux pains de l’instruction) et les infrastructures disponibles (absence totale d’installations électriques dans la zone).

Nous avons opté pour la fourniture de lampes solaires dans un triple objectif 1) faciliter l’éclairage familial la nuit qui est ressorti comme une option intéressante dans ces localités non rattachées au réseau électrique national et dépourvu de système d’électrification rurale. 2) Se différencier et surtout innover par rapport aux différents projets d’appui à l’éducation qui se cantonnent pour la plupart à construire des salles et fournir des bancs. Cette démarche s’inspire de l’approche intégrée qui se développe petit à petit en Haïti (cantines scolaires, matériels didactiques etc. 3) le projet se veut également être un outil de sensibilisation sur les énergies renouvelables, le développement durable, le respect et la protection de l’environnement.

 

Radyonou : Comment aviez-vous identifié les bénéficiaires de ce projet pilote ?

MAA : Sur la base d’une procédure d’identification ciblant les 12 écoles primaires en fonctionnement de la zone, à l’aide de critères objectifs, nous avions procédé à une hiérarchisation des besoins des différentes écoles. Compte tenu de la taille limitée de ce projet pilote financé à 100 % sur fonds privés (contribution de membres et sympathisants de l’association), seules les 4 écoles les plus vulnérables ont été appuyées. La totalité des élèves des classes de CM2 de ces 4 écoles ont été servis sans considération de la vulnérabilité individuelle des élèves. Soit un effectif de 41 élèves. La distribution des lampes solaires a été faite en présence des différentes écoles appuyées et de 2 des 3 CASEC du cartel de la section.

 

Radyonou : Quelles leçons peut-on retenir de cette expérience ?

MAA : Bien qu’il soit trop tôt pour évaluer l’impact de ce projet en termes de réussite aux examens de certificat ou de changements éventuels en matière d’assimilation des enseignements, nous pouvons d’ors et déjà souligner les éléments suivants :

  1. Une collaboration réussie entre haïtiens là-bas, haïtiens ici et les autorités locales. L’implication des CASEC a été effective dès les premières idées du projet. Ce qui a permis de mûrir ensemble le projet. Aussi, la prise en charge à la fois technique et financière de jeunes haïtiens évoluant sur le sol national est un élément à saluer.
  2. Une forte adhésion au postulat selon lequel nous haïtiens sommes de bons piliers du développement de nos territoires. A différents niveaux le projet a eu des échos positifs sur l’approche qui consiste à mieux connecter décideurs locaux et acteurs privés dans la définition de stratégies de développement innovantes et durables.
  3. La mobilisation d’une jeunesse de plus en plus qualifiée et motivée au service du développement. L’âge moyen de l’équipe qui a travaillé pour la réalisation de ce pilote effleure la trentaine et pourtant elle a fait preuve d’une grande maturité et d’une grande efficacité. La réussite de ce tout premier projet témoigne de leur potentiel.
  4. Enfin, la grande satisfaction exprimée par les récipiendaires de ce support montre l’adéquation entre le choix d’intervention et les besoins réels identifiés au sein de la population de Cormiers.

 

Radyonou : Quel sera la suite de ce pilote ?

MAA : Compte tenu des retards enregistrés dans la phase de lancement de ce projet pilote – nous n’avons pas pu fournir les lampes en début d’année scolaire (octobre) comme prévu- nous souhaitons réitérer l’expérience en octobre prochain. Aussi, nous avions du redimensionner le pilote suite à des promesses de dons qui n’ont pas été concrétisés. Nous espérons pouvoir mettre à l’échelle ce projet tout en tenant compte des ajustements nécessaires en matière de participation, d’inclusion et de concertation afin de pouvoir étudier comme il se doit les retombées du projet sur les communautés appuyées.

 

Radyonou : Quels sont les perspectives d’avenir pour l’association Alliance-Fleury ?

MAA : L’information la plus importante à retenir en termes de perspectives est que nous sommes en train de passer à un niveau supérieur. D’une association qui se voulait être le relais des efforts des haïtiens de là-bas, d’ici, des autorités locales et tous les acteurs de développement pour une meilleure appropriation des enjeux du développement, nous sommes en train de mettre sur pied un groupe de recherche action pour le développement. L’objectif étant de pouvoir formuler des orientations claires en matière de stratégie de développement à partir de la capitalisation d’expériences.

Cette mutation est dors et déjà lancée et compte tenu des partenariats établis ou en préparation nous sommes déjà très optimistes de l’impact de cette initiative dans la gestion future de l’aide au développement en Haïti. C’est ici l’occasion de remercier toutes les personnes déjà mobilisées et de lancer une invitation aux professionnels désireux de contribuer à enrichir la réflexion à venir se joindre à nous.

 

Radyonou : le mot de la fin !

MAA : Merci à Radyonou de nous avoir donné l’occasion de parler de cette activité et des perspectives futures. Merci aux membres de l’Association Alliance-Fleury, à nos différents partenaires pour leur support et leur implication. Merci à la jeunesse haïtienne pour son engouement à contribuer à faire progresser les choses.

Puisse cet élan citoyen trouver l’écho nécessaire pour faciliter l’émergence d’une nouvelle ère, celle d’un développement co-construit entre les bailleurs, les acteurs et les bénéficiaires, celle d’un développement respectueux de l’environnement et de la biodiversité et surtout celle d’un développement attentif aux générations futures.

Que cette action pilote soit le début d’une collaboration franche entre les différentes parties prenantes et constitue les bases d’un avenir meilleur pour les communautés concernées.

 

Radyonou : Merci Mme Alliance d’avoir accepté de répondre à nos questions.

 

Propos recueillis par

Gérald Toussaint

Justice Sociale de Bob Rousseau

Finalement : Un Livre Qui Propose des Solutions Pratiques Pour Résoudre les Problèmes d’Haïti

 

Dans son nouveau livre titré “Justice Sociale: Stratégies Pratiques pour l’Emancipation Individuelle et l’Autonomie Communale, Dr. Bobb Q Rousseau expose les vrais problèmes d’Haïti et propose des solutions pertinentes liées à la situation réelle de l’Haïtien et de sa commune.

 

Léogâne, Haïti – 20 Mars 2014: Justice Sociale: Stratégies Pratiques pour l’Emancipation Individuelle et L’Autonomie Communale est le premier livre haïtien qui à la fois expose les vrais problèmes d’Haïti et propose des antidotes viables qui réduiront l’écart économique entre les classes sociales et retireront les familles et les communes haitiennes dans cette dépendance gouvernementale leur empêchant d’échapper à leurs conditions courantes.

Justice Sociale: Stratégies Pratiques pour l’Emancipation Individuelle et L’Autonomie Communale propose d’être un guide  fonctionnel pour le gouvernement dans sa mission de constituer une nation haïtienne socialement juste, économiquement libre et politiquement indépendante, les Organisations Non-Gouvernementales exhibant les aides humanitaires et la Communauté Internationale dans leur souci de promouvoir le bien-être de la population. Il sera aussi un ouvrage de références pour la société civile et les étudiants en Sociologie, en Communication Communautaire et en Droit Administratif.

Justice Sociale: Stratégies Pratiques pour l’Emancipation Individuelle et L’Autonomie Communale de Dr. Bobb Q Rousseau sera la bible des politiciens qui sont sérieux pour devenir le chouchou des électeurs.

Pour plus d’informations concernant la publication, contactez les Editions Ruptures sur editionsruptures@gmail.com. Pour des arrangements de ventes de signatures, contactez Lou Delice sur loudelice@gmail.com.