Célébration du 18e anniversaire de la formation musicale K-Dans

La formation musicale dénommée K-Dans a célébré le week-end écoulé ses 18 ans d’existence. Et pour marquer solennellement cette date importante, une grande soirée musicale a été organisée en la circonstance à Backyard, le dimanche 9 décembre 2012 dernier.Plusieurs centaines de mélomanes et fans du groupe K-Dans en particulier avaient fait le déplacement le dimanche 9 décembre dernier à backyard night club, sis à Pétion-ville pour souhaiter un heureux anniversaire à ce fameux groupe musical haïtien, auteur de plusieurs tubes a succès, qui sont, pour la plupart, devenues une marque indélébile dans la mémoire de toute une génération.

Fondé le 5 décembre 1994, le groupe k-dans a su faire les délices de plusieurs générations, et ce, avec une musique dansante et très savante, à en croire l’un des musiciens du dit groupe Ricky Juste.

Au cours de cette soirée d’anniversaire qui a eu lieu à Backyard, plusieurs chansons qui ont fait le bonheur du groupe, ont été exécutées telles que : ‘’bougie’’, ’’ destiny’’, ‘’nap chill’’, ‘’de temps en temps’’, ‘’ graduation’’, et ont fait remonter à la mémoire des fans la nostalgie du bon vieux temps.

La soirée d’anniversaire a démarré vers les 10h du soir, le public était bien au rendez-vous. Avec une excellente sonorisation, la formation musicale K-dans a offert une excellente prestation a ses invités.

Pour clore cette soirée d’anniversaire en beauté, un gâteau coupé par les musiciens du groupe et qu’ils ont dégusté avec ceux qui en voulaient, traduisait la solennité de cette fête. Apres des heures passées à danser, à rire, et à se divertir, les mélomanes sont rentrés chez-eux très satisfaits, selon le témoignage de plus d’un. Les musiciens de leur côté se sont félicités du chemin parcouru pour arriver aujourd’hui à la célébration de leur 18e année d’existence sur le marché musical.

Ils ont saisi l’occasion pour remercier le public en général, les fans du groupe en particulier et tous ceux, qui, d’une façon ou d’une autre, ont contribué à faire de cette formation musicale la véritable institution qu’elle est devenue.

Par ailleurs, ils en ont profité à renouveler leur engagement au près du public, et de leurs fans en particulier de continuer à travailler dur et sans relâche dans le but de toujours produire et leur offrir une musique de très bonne qualité, et ce, pour leur pleine et entière satisfaction.

À rappeler que, durant cette longue période de 18 ans, le groupe K-dans compte déjà 7 album dans son actif, et le tout dernier en date intitulé « Nou fè sa deja » sorti le 11 mai 2012 dernier, a marqué le retour sur la scène musicale haïtienne de cette formation musicale qui était absente pendant plus de deux ans sur l’échiquier musical en Haïti.

James Jovin aajovani005@yahoo.fr

Murielle Créations nous revient

Il y a quelques années, Murielle Leconte était à la une de la presse locale. Très malade, elle a dû fermer boutique et se soumettre à une surveillance médicale. Après plusieurs soirées de collecte de fonds organisées çà et là, pour aider la designer à faire face aux exigences sanitaires, Femmes en Démocratie, le Comité du cinquantième anniversaire de Tropicana et le Caribbean Group ont réalisé le week-end dernier plusieurs activités pour aider cette figure de la mode à reprendre du service.

Murielle a vieilli de quelques années sans avoir pour autant la moindre ride sur le visage. Le combat qu’elle mène depuis très longtemps, semble-t-il, a été contre l’effet du temps sur sa beauté. Elle est belle… comme toujours ! Elle conserve le sens de la discipline et d’une femme acharnée au travail. Cela étonne.
A Break Time Restaurant, le vendredi 7 décembre dernier, la décoration est refaite. Moins de chaises, plus de tables et de couleurs, car des magiciennes de la mode sont là, elles préparent l’espace pour la première journée d’exposition en l’honneur de Murielle Leconte. Maguy Durcé de MagArt, Phélicia Dell de Vèvè Collections, Simone Ambroise de Kay Atizan, Libecca Manoucheka, Cartine V. Leconte-Obas, Réginald Scott et Claude Rose-Laure sont à la tête de l’équipe qui fait les arrangements finaux. Au milieu d’eux, une femme qui a laissé ses cannes pour se joindre aux travaux. C’est Murielle, celle qu’on surnomme ‘’Femme de combat et de créativité’’. Un peu fatiguée, mais trop travailleuse pour rester à observer, elle place les bijoux sur les étagères, reçoit des cadeaux et propose l’agencement des choses : « Je veux que le tableau que Frankétienne vient de m’offrir soit exposé ici. Mais on ne le vendra aux enchères que samedi, lors du bal de Tropicana», dit-elle à Simone Ambroise. Attendue pour être escortée à une réunion apparemment très urgente, elle nous explique en peu de mots l’objectif de cette activité : « Honorer Murielle et aider son atelier à reprendre du service. »
Le temps de deux photos, elle nous fait son joli sourire. Le week-end dernier a ramené son cinquante-troisième anniversaire de naissance et les vingt-trois ans de Murielle Créations. Elle jouira au maximum de ce moment fort, car dès lundi, elle retourne à l’hôpital, pour sûrement en revenir plus motivée à nous créer des chefs-d’œuvre trois ans après.
Bonne fête, Murielle !

Plésius Junior LOUIS (JPL 109) junior.jpl007@yahoo.fr
Credit: Le Nouvelliste

Des automobilistes grognent, la police ne bronche pas : Bouclez-la !

Bouclez-la ! La police colle à tour de bras des contraventions pour « non-port de la ceinture de sécurité ». A Pétion-Ville, cela irrite. Et des automobilistes ne la bouclent pas, ils crient à la discrimination. Pire, au harcèlement. «  Ce n’est pas possible, on a l’impression que tous les  policiers du Service de la circulation, en faction à Pétion-Ville, n’ont qu’une mission : donner des contraventions », fulmine Jean Joseph, un entrepreneur dans la trentaine. « Ils ne conseillent pas, mais verbalisent, pénalisent », ajoute-t-il, irrité aussi par ce qu’il appelle un « harcèlement à but lucratif ».

Sur la fiche de contravention, il n’y a pas  d’article sur le port de la ceinture, proteste Jean. En fin de compte, ce sont les affaires à Pétion-Ville que l’on pénalise. Car, outre le remorquage systématique des véhicules, la police place désormais des sabots pour immobiliser des véhicules mal stationnés, déplore-t-il, sarcastique pourtant en évoquant l’anarchie tolérée sur la voie publique dans le reste du pays, où des véhicules de transport en commun parquent des gens comme du bétail.

Cela n’attire pas l’attention du Service de la circulation. Mais cette dernière est d’une grande bienveillance à l’égard des automobilistes de Pétion-Ville que l’on prend pour des « gran nèg », ironise Francis, 36 ans, qui souligne en revanche n’être pas opposé aux normes et aux règles clairement signalées sur  la voie publique.

« Non, il n’y a ni discrimination ni harcèlement contre les automobilistes à Pétion-Ville. C’est dans cette commune que l’opération pour le port de la ceinture de sécurité a commencé. C’est pour cela que des gens peuvent avoir cette impression. Mais nos policiers font ce même travail à Delmas, à Carrefour, à Croix-des-Bouquets, à Port-au-Prince et dans d’autres communes de la zone métropolitaine », répond le commissaire divisionnaire Will Dimanche, responsable de la DCPR. Cette mesure n’est pas encore appliquée à l’échelle nationale uniquement à cause d’un problème d’effectif, ajoute-t-il, confirmant que l’article 42 de la loi du 4 avril 1986 régit les contraventions au Code de la route. « Cet article oblige le port de la ceinture de sécurité et du casque pour les motocyclistes », soutient Will Dimanche, qui rejette fermement une quelconque motivation financière dans les opérations de la DCPR. « La police gagne quand la circulation est fluide, quand il y a moins d’accidents de la route », déclare Will Dimanche. « L’automobiliste qui s’est mal garé paie 2 500 gourdes pour que le sabot soit enlevé. La DGI, pour le compte de l’Etat haïtien, perçoit 1 000 gourdes de ce montant et 15 % de TCA sur les 1 500 reviennent à la compagnie privée effectuant ces opérations, indique-t-il. Pour les remorquages, 4 000 gourdes sont exigées. Sur ce montant, l’Etat ne perçoit rien. Cependant, une partie est versée au crédit de la DCPR car celle-ci effectue des opérations, notamment de libération de la voie publique des carcasses de véhicules », explique Will Dimanche.

Convaincu que ces mesures difficiles à accepter visent à garantir la sûreté et la sécurité des usagers de la voie publique, Will Dimanche affiche de la satisfaction face à la réduction du nombre d’accidents sur les routes nationales. « Les postes de radars sur les nationales numéro 1, 2 et 3 ont dissuadé les camionneurs de  faire des excès de vitesse », indique le commissaire divisionnaire. En général, les gens sont réticents au changement. Cependant, on doit accepter qu’Haïti est un pays. Il y a des règles et des normes  à respecter », argumente Will Dimanche, ajoutant que tout le monde porte la ceinture de sécurité à l’étranger sans rouspéter. « C’est, comme son nom l’indique, une ceinture de sécurité. Si elle n’était pas nécessaire, les constructeurs d’automobiles ne l’auraient pas mise dans chaque véhicule », souligne Will Dimanche. C’est pour votre sécurité. Bouclez-la !», confirme-t-il, décidé à continuer sur sa lancée, malgré la grogne des uns et des autres…

 Roberson Alphonse roberson_alphonse@yahoo.fr

Credit: Le Nouvelliste

Le président Martelly motive Samyr

Ce mercredi, le président de la République Michel Joseph Martelly a appelé Samyr Lainé au téléphone pour le motiver et l’encourager. « J’ai beaucoup apprécié. C’est un honneur pour moi. Le président m’a encouragé et m’a beaucoup motivé pour demain. Je dis un grand merci au président et je ferai de mon mieux demain matin pour faire flotter une nouvelle fois notre bicolore après l’exploit de Sylvio Cator en 1928. Je dois ajouter pour dire que Cator était un avocat et je le suis aussi », a déclaré Samyr Lainé, l’espoir de tout un peuple.

 

À rappeler que le mardi 7 août, à Londres, Samyr Lainé avait terminé en 6e position du groupe A, et 10e sur 26 au classement général avec un triple saut de 16.81 mètres. Ce jeudi, lors de la finale, il sera 3e à l’ordre de passage, aux côtés de Claye Will des États-Unis d’Amérique, Compaore Benjamin de la France, Adams Lyukman de la Russie, Greco Daniele d’Italie, Donato Fabrizio d’Italie, Platnitski Dzmitry du Bélarus, Copello Alexis du Cuba, Taylor Christian des États-Unis d’Amérique, Oke Tosin du Nigeria, Dong Bib de la République Populaire de Chine et Sands Leevan des Bahamas.

Gérald Bordes, depuis Londres

Wendyyy, la nouvelle étoile du rap

Sa hardiesse, son nom, et ses lyrics font de lui le sujet des jeunes mélomanes d’aujourd’hui. Wendyyy est dans nos murs, et il entame une tournée enrichissante, la première de sa carrière. Le jeune haïtien qui vit en Guadeloupe a reçu un accueil digne du king qu’il se dit être, et qu’il doit prouver pendant son séjour.

Son nom est Duvert Wendy. Il est né à Léogane le 23 mars 1989. À treize ans, il immigre à la Guadeloupe où il continue ses études classiques. A l’école, Wendy est un élève appliqué qui se fait remarquer parmi les deux meilleurs élèves de sa classe. Pourtant, c’est un enfant turbulent, enquiquineur. Il est élevé avec un frère et une sœur dans une famille à revenus moyens qui fait de son mieux pour assurer l’instruction de leurs enfants.

Se décrivant come un sage, gentil, sensible et respectueux, Wendy fait ses débuts en 2003, dans une cour de récréation. « Il y avait toujours un freestyle session aux heures de récréation. Les élèves apportaient tout le matériel nécessaire pour le son. Un jour, j’ai décidé de participer, j’ai chauffé la cour. Le lendemain tous mes camarades m’attendaient encore et voila ! En moins d’une semaine j’étais le chouchou de l’école et décidai de mettre sur pied un studio. »

Ce succès inattendu n’est pas sans conséquences sur les résultats scolaires de Wendy, la musique était devenue sa seule passion, il ne passe pas deux heures sans qu’il ne soit dans son petit studio. En 2005, l’artiste fait sa première apparition sur scène au 590 Jarry, un night club qui restera à jamais dans sa mémoire. Conscient de ses faibles résultats à l’école, Wendy prend du recul sans pour autant arrêter d’écrire. 2006, il diffuse sa première musique sans grand succès. Un an après, « Traka » lui présente comme un artiste authentique aux yeux des internautes qui visitent sa page youtube. L’impact de « Traka » est si grand qu’il décida de l’ajouter à son nom d’artiste, et d’en faire le nom de son studio. Duvert Wendy devient Wendyyy Traka, un jeune artiste qui essaie de se lancer.

En Guadeloupe, comme c’en est le cas dans le reste des Antilles, le rap n’a pas une grande considération. Le compas, le dance hall, le zouk occupent les principaux canaux de diffusion, ses confrères là-bas le soutiennent, mais ce n’est pas suffisant. Wendyyy Traka amplifie sa notoriété, il s’ouvre au marché du HMI. Haïti est beaucoup plus ouvert, il en fait sa nouvelle cible.

Le public haïtien aime ce qu’il chante, il rappelle un peu G-Bobby Bon Flow avec ses mots truculents, une façon de chanter qui lui est sienne. Wendyyy est original. Ses textes parlent de lui comme beaucoup des rappeurs de sa génération. Il s’autoproclame Roi (King), s’en fout des secteurs et des labels, il ne porte pas de mouchoir, n’est ni blood, ni mafia, il se dit unique, d’un talent inégalable. Wendyyy fait aussi honneur à la femme dans une musique titrée « Ou dwe respekte fanm » ; il déclare sa foi en Dieu dans « The prayer » ; et parle peu des autres sujets sinon que de lui et de son talent.

Rentré, en Haïti le jeudi 2 août dernier, il enflamma un club à Carrefour vendredi et le Parc Midoré samedi avant sa grande déception dimanche à Mango’s Lounge où moins de cent personnes ont fait le déplacement. « Il y a eu un problème de planification, nous a-t-il. J’ai deux affiches à Mango’s l’une le 5 et l’autre le 11 ; la promotion a été faite pour l’une et non pour l’autre. Je reste confiant et samedi les Pétionvillois auront pour leur compte. » 

Actuellement au Cap-Haïtien pour sa première prestation en province, Wendyyy s’est prononcé sur sa séparation avec Abdias Laguerre, son manger. L’artiste précise : « On n’a pas pu nous entendre. Abdias allait être plus qu’un manager, il voulait, comme disait-il quelque chose de très commercial. Selon lui, certaines de mes chansons doivent être revues. Moi, je chante ce que je vis, mes émotions, ma conception des choses. A partir de cette différence, on a tout cessé. Je ne veux pas être sous un label, je n’ai besoin que de quelqu’un qui puisse me représenter.» Avec Yves Paul Démesmin, son nouveau manager, à ses côtés, Wendyyy attend la fin de cette tournée pour se pencher sur la démo qui annoncera son premier album. Trois vidéos seront tournées, y compris celle avec Mac-D. Paul reconnaît que Wendyyy n’est pas facile à gérer, mais que c’est un honneur de travailler  avec lui. « L’artiste est bon  et le public l’adore. Nous avons un agenda rempli, vingt dates sont déjà retenues et d’autres sont en cours de traitement. »

Les préférences de Wendyyy Mes artistes préférés sont G-Bobby et Beken. J’aime K-libr pour ses textes, et MRJ pour son authenticité. Je dessine assez bien, fais de l’infographie et joue au basket-ball. Je ne suis pas attaché à la mode mais on voit que j’ai du swagg. Côté coeur, j’ai une petite amie à New jersey. Sachez aussi que je ne me base pas sur l’aspect physique d’une fille, je préfère celles qui sont intelligentes. J’ai un secret : je mange beaucoup.

Plésius Junior LOUIS (JPL 109) junior.jpl007@yahoo.fr

Credit : Ticket Magazine

T-Vice, 20 ans déjà !

Propos recueillis par Daphney Valsaint Malandre

Août 1992 – août 2012 : T-Vice, au mieux de sa forme, célèbre ses 20 ans d’existence. Du sous-sol de leur maison à Morne Calvaire aux bals de graduation en passant par les fêtes de salon, Roberto et Reynaldo Martino ont parcouru bien du chemin avant de pouvoir s’ériger en « Mèt beton » sur le Champ de Mars. Soutenus dès le début par leur mère et manager Jessie Alkhal, ils ont été accompagnés d’amis, Dimitri Craan, Fritz Joassin, Eric Emile, James Cardozo et Gérald Kébreau, qui sont vite devenus des frères avec lesquels ils ont formé le groupe T-Vice. D’autres, en l’occurrence Olivier Duret, Eddy Viau et Ti-Pierrot Alkhal les ont rejoints en cours de route. 8 albums studios, de nombreux vidéos et albums live, une multitude de prestations plus tard, le groupe n’a cessé de gagner du terrain. Roberto Martino, lead vocal du groupe, revient sur ces 20 ans de succès continu mais surtout de dur labeur.

1992 – 2012. Que de chemin parcouru par le groupe ! Quels sont les sentiments qui vous animent pendant que vous célébrez ce 20e anniversaire ?

De la fierté et beaucoup de joie ! Il n’a pas été facile de survivre dans l’industrie musicale haïtienne où il y a tellement d’obstacles et de déceptions. Mais on a réussi !

Citez-nous certaines des grandes réalisations du groupe au cours de ces 20 ans d’expérience.

On a réussi à s’ériger comme « Mèt beton ». Il s’agit là d’un point extrêmement important. Mais aussi, on a beaucoup joué à l’extérieur du pays. On a été le premier groupe konpa de la nouvelle génération à jouer au Panama, en Hollande, en Suisse et en Belgique. Il en a été de même en Nouvelle-Calédonie et à Bercy, en France. Cette dernière prestation m’a particulièrement marqué. On était le premier groupe haïtien à y performer et la réaction du public a été plus que positive !

Vous êtes sortis de très loin pour arriver là où vous êtes aujourd’hui. Comment y êtes-vous parvenus ?

On a toujours employé notre propre stratégie, qui consiste en un savant mélange  de discipline et des différentes innovations qu’on n’a pas arrêté de faire. On est aussi toujours restés humbles et ouverts aux critiques et suggestions.

T-Vice est resté soudé pendant que d’autres groupes se sont formés, reformés ou démantelés. Comment avez-vous réussi ce tour de force ?

Notre force réside dans la façon dont nous abordons le business. On considère T-Vice comme une institution. On vit comme des frères et on s’assure de faire passer les besoins et les intérêts du groupe avant ceux des différents membres. Il n’a jamais été question pour aucun de nous de s’investir dans une carrière solo ou autre, par exemple. Et aussi, on n’a jamais cessé d’innover et on tient toujours compte des suggestions que nous font les fans.

T-Vice est aussi soumis à beaucoup de pression de la part de ses compétiteurs. Comment gérez-vous cela ?

La compétition est très rude et nos compétiteurs travaillent ardument. Mais cela ne fait que nous motiver davantage. Cela nous encourage à travailler encore plus dur et à continuer à offrir ce qu’il y a de meilleur à notre public.

T-Vice est au sommet de sa forme en ce moment. Ses musiciens ont certes mûri au cours des 20 dernières années, mais quand même ils ne sont plus tout jeunes. Songez-vous à mettre du sang neuf au sein de groupe ?

Quand les gens entendent que T-Vice a 20 ans, ils ont tendance à penser que les musiciens du groupe sont vieux. Ce n’est nullement le cas. On est majoritairement en plein dans la trentaine au sein du groupe. Ti Eddy et Sonson ont d’ailleurs 25 à 26 ans. On a commencé très tôt et on est tous encore très jeunes. On a encore le temps de tirer profit de nos expériences et surtout d’en faire de nouvelles.

Le groupe T-Vice a offert son soutien au président Michel Martelly lors des dernières élections. Il se dit qu’en raison de cela, le groupe a bénéficié d’un traitement de faveur aux 2 carnavals. Qu’en dis-tu ?

On a de bons rapports avec le président. On ne le nie pas. Je déplore simplement que certains utilisent ce fait pour expliquer leurs échecs. Nous ne sommes d’ailleurs pas le premier groupe qui entretienne de bonnes relations avec un président. Djakout Mizik, par exemple, a été dirigé par le commandant de la CIMO. Toutefois, ces accusations ne sont nullement fondées. T-Vice a eu les mêmes équipements, le même char et la même sonorisation que Djakout # 1, notre rival attitré. Musicalement, on a fait nos preuves et seuls les mauvais perdants ne voudront pas l’admettre.

Au fil des années, le groupe T-Vice a fait l’objet de nombreuses autres accusations. Comment vivez-vous cela ?

Il est normal qu’un groupe qui est resté aussi populaire durant toutes ces années fasse l’objet de controverses. Ils sont nombreux à espérer qu’on finira par échouer.  C’est d’ailleurs dans le but de nous voir toucher le fond qu’ils font circuler toutes ces rumeurs. Nos moindres faits et gestes sont surveillés, commentés et souvent mésinterprétés. Les erreurs qu’on pardonne volontiers à d’autres ne nous sont pas pardonnées. Lorsqu’un groupe totalise une moyenne de 8, on lui accorde facilement 10. Mais, lorsqu’il s’agit de T-Vice,  nous devrions mériter 30 pour qu’on  nous accorde 10. Rien n’est facile pour nous. Nous devons constamment nous surpasser pour obtenir le crédit que nous méritons.

T-Vice est désormais un ténor de la musique haïtienne qui a fait ses preuves. Quels conseils donneriez-vous à un jeune groupe qui essaie de se lancer dans le monde musical ?

Toujours rester humble, mais aussi travailler et croire en leur potentiel ! Certains jeunes pensent que la drogue peut les aider à trouver de l’inspiration. C’est entièrement faux. On peut réaliser de grandes choses sans être sous l’influence de la drogue. Il leur faut aussi toujours croire en leurs rêves et toujours tâcher de présenter quelque chose de différent. Ce petit quelque chose de différent fera leur originalité et portera  les autres à les apprécier. Outre cela, il y a aussi la discipline qui est indispensable à un groupe qui veut percer.

Y a-t-il quoi que ce soit d’autre que vous souhaitez accomplir avec le groupe ?

Il y’a tellement de choses que l’on rêve d’accomplir. J’aimerais contribuer à donner au konpa l’essor que le reggaeton a eu quelques années plus tôt. Je voudrais que les musiques de T-Vice ou de n’importe autre groupe à tendance konpa tournent sur les grandes stations de radio américaines comme Power 96. On travaille justement dans ce sens en essayant d’obtenir de nombreuses collaborations qui pourraient apporter plus de visibilité à la musique haïtienne. Mais entre-temps, on travaille sur un nouvel album qui devrait être disponible avant la fin de l’année.

Qu’avez-vous prévu pour la célébration de votre anniversaire ?

La véritable fête c’est le 7 août, en souvenir de notre première prestation à l’hôtel El Rancho. On a prévu un ensemble de festivités réunies sous le terme de « T-Vice, 20 ans déjà » qui se tiendront pendant tout le reste de l’année en Haïti, à Boston, à Montréal et un peu partout où nos fans se trouvent.

Propos recueillis par Daphney Valsaint Malandre
Credit: Ticket Magazine

Carnaval des Fleurs :entre réussite populaire et échec artistique

Le Champs de Mars,a été le théâtre d’un déferlement populaire. Visiblement, les habitants de la capitale et des zones avoisinantes avaient soif de plaisir et de défoulement. Ils étaient des dizaines de milliers qui ont dansé, chanté et fêté à tue-tête pendant les trois jours du carnaval des Fleurs. Une réussite incontestable pour le gouvernement, très critiqué pour son choix d’organiser un carnaval en plein milieu de l’année. « C’est un succès populaire considérable », a éclaté Mario Dupuy, ministre de la Culture admettant qu’il a eu de petites failles.

 « Dans ces genres d’activités, il y aura toujours des choses à corriger », a reconnu le ministre. Ceux qui croyaient, parce qu’il s’agissait d’un carnaval des Fleurs, que tout le parcours allait se dérouler sur un  tapis de fleurs se méprennent tout simplement, a souligné M. Dupuy. «  L’expression carnaval des Fleurs se réfère plus à un aspect saisonnier qu’à la promotion de fleurs proprement dite »,a-t-il dit dans une interview bilan accordée au Nouvelliste.

 Pour le ministre, « c’était un moment de célébration, de retour à la vie comme le printemps l’annonce. Une thérapie psychosociale collective  pour la population deux ans après le séisme. Une possibilité pour elle de faire son deuil. »

 Selon Mario Dupuy, entre les traditionnels trois jours gras et le carnaval des Fleurs, il y a une  grande différence. Le carnaval des Fleurs est caractérisé par son côté artistique. « C’est évident, tout le monde a pu le constater. Même si nous avons eu des difficultés structurelles qui ont gêné la pleine dimension de ce théâtre à ciel ouvert », a-t-il avancé

 Les limitations du carnaval des Fleurs

 D’abord, il y a eu l’exiguïté du parcours réservé aux festivités.  Les organisateurs ne sont pas arrivés à relever le défi d’empêcher les participants d’occuper l’espace où évoluaient les artistes. Ce qui a tué la beauté du spectacle. « Le succès populaire a un peu dérangé le côté artistique. Nous en avons pris note pour une prochaine édition », a reconnu le ministre de la Culture.

 Le président du comité organisateur du carnaval des Fleurs est plus tranchant sur ce point. Il a reconnu que son équipe a tout simplement échoué de ce côté-là. « Les performances  des artistes ont été noyées par  la foule », a regretté Jean Dany Pierre François. « Je m’en sors avec un sentiment d’insatisfaction, le cœur serré. On avait mis la barre très haute, on avait des ambitions qu’on n’a pas pu atteindre pour plusieurs raisons. »

 La mission du comité était de présenter un produit pouvant attirer les touristes et vendre une autre image du pays à l’extérieur tout en permettant à la population de se distraire, de se récréer. Mais, mettre toute la machine en branle dans l’espace d’un mois, ce n’était pas une chose facile pour Jean Dany Pierre François et son équipe.

Le comité devait réaliser ce carnaval en deux parties. Une partie artistique, culturelle et l’autre avec les groupes musicaux. Il voulait avoir un spectacle mobile. « On n’a pas réussi parce qu’on n’est pas arrivé à isoler les spectateurs des artistes, exposé les beaux costumes, mettre en évidence les chorégraphies, les couleurs, les fleurs en structures métalliques », a regretté M. Pierre François. Tout se mélangeait, a-t-il dit. Le ministre de la Culture est plutôt d’accord avec ce constat.

Pour la deuxième partie du carnaval qui consistait en la participation de groupes musicaux, M. Pierre François a estimé que les musiciens n’ont pas compris la philosophie de ce carnaval. Encore une fois, ils se sont affrontés à coup de décibels, de slogans sur tout le parcours. « C’était ridicule et débile », a-t-il confié.

 Le prochain comité fera mieux

Le président du comité du carnaval des Fleurs a estimé qu’étant donné que les manquements ont été identifiés, la prochaine équipe qui va réaliser les prochains carnavals devra s’en servir pour corriger et faire mieux qu’eux. Il a promis de laisser un document avec tous ce qui mérite d’être corrigé. Il pense qu’il doit y avoir beaucoup de réflexions sur le carnaval en Haïti

A la question est-ce que le carnaval des Fleurs va devenir définitivement un  rendez-vous annuel, le ministre de la Culture a indiqué que c’est le gouvernement qui va en décider. « Ce qui est certain, on va avoir l’institutionnalisation, la mise en place du comité permanent pour l’organisation du carnaval qui aura à apporter des solutions aux limitations enregistrées », a annoncé Mario Dupuy.

Plus que 30 millions de gourdes déboursés

Il y a d’abord un budget de 65 millions de gourdes dans lequel, les responsables ont liquidé une dette de 35 millions laissé par le carnaval des Cayes. Grâce à la participation du secteur privé, cela a permis de compléter le budget des trois jours de festivités à environ 35 millions de gourdes de plus soit au total 65 millions pour la réalisation du carnaval des Fleurs, selon des explications de M. Dupuy. Toutefois, le ministre a souligné qu’il n’est pas en mesure de fournir des chiffres exacts, parce qu’il ne dispose pas encore de toutes les données.

« Ce qui est certain, nous n’allons pas nous retrouver avec des dettes après le carnaval », a-t-il dit

Le président du comité organisateur des trois jours de festivités ne voulait pas non plus avancer de chiffres pour le moment. « On fera un rapport avec tous les détails », a-t-il dit au Nouvelliste, soulignant qu’en plus de 30 millions de gourdes décaissées par le gouvernement, ils ont aussi collecté l’argent des places vendues au Champs de mars, l’argent des sponsors… en toute transparence on fera savoir au public combien le carnaval a coûté », a indiqué  Jean Dany Pierre François. Comme le ministre Dupuy, il dit espérer qu’il n’y aura pas de dettes.

 Les satisfactions personnelles

 Hormis,  la participation massive de la population au carnaval des Fleurs, le ministre de la Culture a estimé que le succès se trouve aussi dans « les améliorations qu’on  a pu constater du point de vue logistique et de l’organisation de l’événement en général. Pour la première fois on  a eu la mise en place et  le respect de la programmation « line up » par l’ensemble des intervenants. La distance entre les groupes musicaux, les placements des intervenants… », s’est réjoui  Mario Dupuy.

 Le ministre s’est félicité également de la performance des DJ sur les stands qui, dans le passé, couvraient les bandes à pied à coup de décibels. « Il y a une bonne communion entre les bandes à pied et les DJ », a-t-il dit. Chaque partie avait la possibilité de satisfaire son public sans frustration.

 Jean Dany Pierre François a reconnu, cependant, que le public a répondu positivement à l’appel du chef de l’Etat en participant massivement aux trois jours de défilés. Le comité avait des inquiétudes sur la participation du public, il ne les a pas cachées. « On a eu bien plus qu’espéré. C’est un motif de satisfaction », a-t-il dit.

 L’initiative de la Première Dame

 Encore une fois, la Première Dame a pris l’initiative de mettre sur pied un centre d’urgence  pour apporter les premiers soins aux blessés du carnaval.

 L’équipe médical composée, le premier jour, de cinq médecins, douze infirmières, six secouristes, et des étudiants en sciences infirmières de l’Université Notre Dame, tous des volontaires, a considérablement augmenté pour un service plus dynamique durant les deux autres jours. Trois  ambulances, dont une servant de mini-pharmacie puisqu’équipée pour un tel service, étaient disponibles pour l’évacuation des blessés

 La PNH a bien joué son rôle, Martelly aux anges

Les agents de la police nationale ont bien joué leur partition sur tout le parcours du carnaval des Fleurs à Port-au-Prince. Pendant les trois jours des festivités, ils ont enregistré trois cas de mortalités, une centaine de blessés, et ont procédé à une trentaine d’arrestations. Une victoire, selon le président Michel Martelly et une démonstration de professionnalisme.

Le chef de l’Etat est plus que satisfait de la prestation des agents de force de l’ordre et surtout du bon comportement de la population. Accompagné du directeur général de la police nationale, Michel Martelly a inspecté les différents points clés du parcours. « Il est important pour nous d’assurer la sécurité de la population et de la rendre confortable. Il est aussi important de dire aux gens malintentionnés que nous sommes là et c’est nous qui avons le contrôle », a déclaré le locataire du Palais national au troisième jour des festivités.

Pour le président de la République, c’est un message clair que la population a envoyé au monde entier pour lui dire qu’effectivement le pays est prêt à accueillir des investissements étrangers. M. Martelly s’est aussi félicité du déplacement massif des Haïtiens de la diaspora et aussi la visite d’autres touristes étrangers. « L’événement a tiré beaucoup de personnes, même par la République dominicaine il n’est pas facile de rentrer au pays tellement les lignes aériennes sont saturées. Nous allons continuer à vendre Haïti sur d’autres angles », a-t-il dit.

Pour sa part, Mario Andresol, le chef de la police n’a pas caché sa satisfaction pour le travail des ses troupes. « Nous avons procédé à l’arrestation de plusieurs évadés de prison. Il y a des blessés légers

Au moins deux agents de la PNH ont été mis aux arrêts pour avoir porté des armes à feu alors qu’ils n’étaient pas de service pour les trois jours du carnaval. « Nous avions passé des instructions à tous les policiers. Ils n’avaient pas le droit de venir au carnaval en civil », a-t-il dit.

Le porte-parole de la police nationale d’Haïti, Frantz Lerebours a fait savoir que le bilan partiel a fait état de 8 morts et de 350 blessés.

La PNH a procédé à l’arrestation d’au moins 38 personnes dont deux agents de police en civil. Parmi les personnes arrêtées figurent des évadés de prison, précise monsieur Lerebours cité par radio Métropole.

Les amants de spectacle, d’ambiance populaire, de défoulement seront servis à nouveau. Avant la fin de l’année, ils auront droit à deux autres activités de réjouissances. « Il va y avoir l’organisation d’un festival national de Troubadour », a annoncé le Mario Dupuy sans toutefois donner de date précise. « Août ou début septembre…De toute façon, ce sera avant la rentrée des classes », a-t-il précisé. Un autre rendez-vous culturel ce sera avec les DJ du pays. Mais le ministre de la Culture ne voulait pas donner plus de détails. « Laissez-nous un peu de temps », a-t-il conclu séchement.

Robenson Geffrard, rgeffrard@lenouvelliste.com
Credit: le Nouvelliste