Le président Martelly motive Samyr

Ce mercredi, le président de la République Michel Joseph Martelly a appelé Samyr Lainé au téléphone pour le motiver et l’encourager. « J’ai beaucoup apprécié. C’est un honneur pour moi. Le président m’a encouragé et m’a beaucoup motivé pour demain. Je dis un grand merci au président et je ferai de mon mieux demain matin pour faire flotter une nouvelle fois notre bicolore après l’exploit de Sylvio Cator en 1928. Je dois ajouter pour dire que Cator était un avocat et je le suis aussi », a déclaré Samyr Lainé, l’espoir de tout un peuple.

 

À rappeler que le mardi 7 août, à Londres, Samyr Lainé avait terminé en 6e position du groupe A, et 10e sur 26 au classement général avec un triple saut de 16.81 mètres. Ce jeudi, lors de la finale, il sera 3e à l’ordre de passage, aux côtés de Claye Will des États-Unis d’Amérique, Compaore Benjamin de la France, Adams Lyukman de la Russie, Greco Daniele d’Italie, Donato Fabrizio d’Italie, Platnitski Dzmitry du Bélarus, Copello Alexis du Cuba, Taylor Christian des États-Unis d’Amérique, Oke Tosin du Nigeria, Dong Bib de la République Populaire de Chine et Sands Leevan des Bahamas.

Gérald Bordes, depuis Londres

Wendyyy, la nouvelle étoile du rap

Sa hardiesse, son nom, et ses lyrics font de lui le sujet des jeunes mélomanes d’aujourd’hui. Wendyyy est dans nos murs, et il entame une tournée enrichissante, la première de sa carrière. Le jeune haïtien qui vit en Guadeloupe a reçu un accueil digne du king qu’il se dit être, et qu’il doit prouver pendant son séjour.

Son nom est Duvert Wendy. Il est né à Léogane le 23 mars 1989. À treize ans, il immigre à la Guadeloupe où il continue ses études classiques. A l’école, Wendy est un élève appliqué qui se fait remarquer parmi les deux meilleurs élèves de sa classe. Pourtant, c’est un enfant turbulent, enquiquineur. Il est élevé avec un frère et une sœur dans une famille à revenus moyens qui fait de son mieux pour assurer l’instruction de leurs enfants.

Se décrivant come un sage, gentil, sensible et respectueux, Wendy fait ses débuts en 2003, dans une cour de récréation. « Il y avait toujours un freestyle session aux heures de récréation. Les élèves apportaient tout le matériel nécessaire pour le son. Un jour, j’ai décidé de participer, j’ai chauffé la cour. Le lendemain tous mes camarades m’attendaient encore et voila ! En moins d’une semaine j’étais le chouchou de l’école et décidai de mettre sur pied un studio. »

Ce succès inattendu n’est pas sans conséquences sur les résultats scolaires de Wendy, la musique était devenue sa seule passion, il ne passe pas deux heures sans qu’il ne soit dans son petit studio. En 2005, l’artiste fait sa première apparition sur scène au 590 Jarry, un night club qui restera à jamais dans sa mémoire. Conscient de ses faibles résultats à l’école, Wendy prend du recul sans pour autant arrêter d’écrire. 2006, il diffuse sa première musique sans grand succès. Un an après, « Traka » lui présente comme un artiste authentique aux yeux des internautes qui visitent sa page youtube. L’impact de « Traka » est si grand qu’il décida de l’ajouter à son nom d’artiste, et d’en faire le nom de son studio. Duvert Wendy devient Wendyyy Traka, un jeune artiste qui essaie de se lancer.

En Guadeloupe, comme c’en est le cas dans le reste des Antilles, le rap n’a pas une grande considération. Le compas, le dance hall, le zouk occupent les principaux canaux de diffusion, ses confrères là-bas le soutiennent, mais ce n’est pas suffisant. Wendyyy Traka amplifie sa notoriété, il s’ouvre au marché du HMI. Haïti est beaucoup plus ouvert, il en fait sa nouvelle cible.

Le public haïtien aime ce qu’il chante, il rappelle un peu G-Bobby Bon Flow avec ses mots truculents, une façon de chanter qui lui est sienne. Wendyyy est original. Ses textes parlent de lui comme beaucoup des rappeurs de sa génération. Il s’autoproclame Roi (King), s’en fout des secteurs et des labels, il ne porte pas de mouchoir, n’est ni blood, ni mafia, il se dit unique, d’un talent inégalable. Wendyyy fait aussi honneur à la femme dans une musique titrée « Ou dwe respekte fanm » ; il déclare sa foi en Dieu dans « The prayer » ; et parle peu des autres sujets sinon que de lui et de son talent.

Rentré, en Haïti le jeudi 2 août dernier, il enflamma un club à Carrefour vendredi et le Parc Midoré samedi avant sa grande déception dimanche à Mango’s Lounge où moins de cent personnes ont fait le déplacement. « Il y a eu un problème de planification, nous a-t-il. J’ai deux affiches à Mango’s l’une le 5 et l’autre le 11 ; la promotion a été faite pour l’une et non pour l’autre. Je reste confiant et samedi les Pétionvillois auront pour leur compte. » 

Actuellement au Cap-Haïtien pour sa première prestation en province, Wendyyy s’est prononcé sur sa séparation avec Abdias Laguerre, son manger. L’artiste précise : « On n’a pas pu nous entendre. Abdias allait être plus qu’un manager, il voulait, comme disait-il quelque chose de très commercial. Selon lui, certaines de mes chansons doivent être revues. Moi, je chante ce que je vis, mes émotions, ma conception des choses. A partir de cette différence, on a tout cessé. Je ne veux pas être sous un label, je n’ai besoin que de quelqu’un qui puisse me représenter.» Avec Yves Paul Démesmin, son nouveau manager, à ses côtés, Wendyyy attend la fin de cette tournée pour se pencher sur la démo qui annoncera son premier album. Trois vidéos seront tournées, y compris celle avec Mac-D. Paul reconnaît que Wendyyy n’est pas facile à gérer, mais que c’est un honneur de travailler  avec lui. « L’artiste est bon  et le public l’adore. Nous avons un agenda rempli, vingt dates sont déjà retenues et d’autres sont en cours de traitement. »

Les préférences de Wendyyy Mes artistes préférés sont G-Bobby et Beken. J’aime K-libr pour ses textes, et MRJ pour son authenticité. Je dessine assez bien, fais de l’infographie et joue au basket-ball. Je ne suis pas attaché à la mode mais on voit que j’ai du swagg. Côté coeur, j’ai une petite amie à New jersey. Sachez aussi que je ne me base pas sur l’aspect physique d’une fille, je préfère celles qui sont intelligentes. J’ai un secret : je mange beaucoup.

Plésius Junior LOUIS (JPL 109) junior.jpl007@yahoo.fr

Credit : Ticket Magazine

T-Vice, 20 ans déjà !

Propos recueillis par Daphney Valsaint Malandre

Août 1992 – août 2012 : T-Vice, au mieux de sa forme, célèbre ses 20 ans d’existence. Du sous-sol de leur maison à Morne Calvaire aux bals de graduation en passant par les fêtes de salon, Roberto et Reynaldo Martino ont parcouru bien du chemin avant de pouvoir s’ériger en « Mèt beton » sur le Champ de Mars. Soutenus dès le début par leur mère et manager Jessie Alkhal, ils ont été accompagnés d’amis, Dimitri Craan, Fritz Joassin, Eric Emile, James Cardozo et Gérald Kébreau, qui sont vite devenus des frères avec lesquels ils ont formé le groupe T-Vice. D’autres, en l’occurrence Olivier Duret, Eddy Viau et Ti-Pierrot Alkhal les ont rejoints en cours de route. 8 albums studios, de nombreux vidéos et albums live, une multitude de prestations plus tard, le groupe n’a cessé de gagner du terrain. Roberto Martino, lead vocal du groupe, revient sur ces 20 ans de succès continu mais surtout de dur labeur.

1992 – 2012. Que de chemin parcouru par le groupe ! Quels sont les sentiments qui vous animent pendant que vous célébrez ce 20e anniversaire ?

De la fierté et beaucoup de joie ! Il n’a pas été facile de survivre dans l’industrie musicale haïtienne où il y a tellement d’obstacles et de déceptions. Mais on a réussi !

Citez-nous certaines des grandes réalisations du groupe au cours de ces 20 ans d’expérience.

On a réussi à s’ériger comme « Mèt beton ». Il s’agit là d’un point extrêmement important. Mais aussi, on a beaucoup joué à l’extérieur du pays. On a été le premier groupe konpa de la nouvelle génération à jouer au Panama, en Hollande, en Suisse et en Belgique. Il en a été de même en Nouvelle-Calédonie et à Bercy, en France. Cette dernière prestation m’a particulièrement marqué. On était le premier groupe haïtien à y performer et la réaction du public a été plus que positive !

Vous êtes sortis de très loin pour arriver là où vous êtes aujourd’hui. Comment y êtes-vous parvenus ?

On a toujours employé notre propre stratégie, qui consiste en un savant mélange  de discipline et des différentes innovations qu’on n’a pas arrêté de faire. On est aussi toujours restés humbles et ouverts aux critiques et suggestions.

T-Vice est resté soudé pendant que d’autres groupes se sont formés, reformés ou démantelés. Comment avez-vous réussi ce tour de force ?

Notre force réside dans la façon dont nous abordons le business. On considère T-Vice comme une institution. On vit comme des frères et on s’assure de faire passer les besoins et les intérêts du groupe avant ceux des différents membres. Il n’a jamais été question pour aucun de nous de s’investir dans une carrière solo ou autre, par exemple. Et aussi, on n’a jamais cessé d’innover et on tient toujours compte des suggestions que nous font les fans.

T-Vice est aussi soumis à beaucoup de pression de la part de ses compétiteurs. Comment gérez-vous cela ?

La compétition est très rude et nos compétiteurs travaillent ardument. Mais cela ne fait que nous motiver davantage. Cela nous encourage à travailler encore plus dur et à continuer à offrir ce qu’il y a de meilleur à notre public.

T-Vice est au sommet de sa forme en ce moment. Ses musiciens ont certes mûri au cours des 20 dernières années, mais quand même ils ne sont plus tout jeunes. Songez-vous à mettre du sang neuf au sein de groupe ?

Quand les gens entendent que T-Vice a 20 ans, ils ont tendance à penser que les musiciens du groupe sont vieux. Ce n’est nullement le cas. On est majoritairement en plein dans la trentaine au sein du groupe. Ti Eddy et Sonson ont d’ailleurs 25 à 26 ans. On a commencé très tôt et on est tous encore très jeunes. On a encore le temps de tirer profit de nos expériences et surtout d’en faire de nouvelles.

Le groupe T-Vice a offert son soutien au président Michel Martelly lors des dernières élections. Il se dit qu’en raison de cela, le groupe a bénéficié d’un traitement de faveur aux 2 carnavals. Qu’en dis-tu ?

On a de bons rapports avec le président. On ne le nie pas. Je déplore simplement que certains utilisent ce fait pour expliquer leurs échecs. Nous ne sommes d’ailleurs pas le premier groupe qui entretienne de bonnes relations avec un président. Djakout Mizik, par exemple, a été dirigé par le commandant de la CIMO. Toutefois, ces accusations ne sont nullement fondées. T-Vice a eu les mêmes équipements, le même char et la même sonorisation que Djakout # 1, notre rival attitré. Musicalement, on a fait nos preuves et seuls les mauvais perdants ne voudront pas l’admettre.

Au fil des années, le groupe T-Vice a fait l’objet de nombreuses autres accusations. Comment vivez-vous cela ?

Il est normal qu’un groupe qui est resté aussi populaire durant toutes ces années fasse l’objet de controverses. Ils sont nombreux à espérer qu’on finira par échouer.  C’est d’ailleurs dans le but de nous voir toucher le fond qu’ils font circuler toutes ces rumeurs. Nos moindres faits et gestes sont surveillés, commentés et souvent mésinterprétés. Les erreurs qu’on pardonne volontiers à d’autres ne nous sont pas pardonnées. Lorsqu’un groupe totalise une moyenne de 8, on lui accorde facilement 10. Mais, lorsqu’il s’agit de T-Vice,  nous devrions mériter 30 pour qu’on  nous accorde 10. Rien n’est facile pour nous. Nous devons constamment nous surpasser pour obtenir le crédit que nous méritons.

T-Vice est désormais un ténor de la musique haïtienne qui a fait ses preuves. Quels conseils donneriez-vous à un jeune groupe qui essaie de se lancer dans le monde musical ?

Toujours rester humble, mais aussi travailler et croire en leur potentiel ! Certains jeunes pensent que la drogue peut les aider à trouver de l’inspiration. C’est entièrement faux. On peut réaliser de grandes choses sans être sous l’influence de la drogue. Il leur faut aussi toujours croire en leurs rêves et toujours tâcher de présenter quelque chose de différent. Ce petit quelque chose de différent fera leur originalité et portera  les autres à les apprécier. Outre cela, il y a aussi la discipline qui est indispensable à un groupe qui veut percer.

Y a-t-il quoi que ce soit d’autre que vous souhaitez accomplir avec le groupe ?

Il y’a tellement de choses que l’on rêve d’accomplir. J’aimerais contribuer à donner au konpa l’essor que le reggaeton a eu quelques années plus tôt. Je voudrais que les musiques de T-Vice ou de n’importe autre groupe à tendance konpa tournent sur les grandes stations de radio américaines comme Power 96. On travaille justement dans ce sens en essayant d’obtenir de nombreuses collaborations qui pourraient apporter plus de visibilité à la musique haïtienne. Mais entre-temps, on travaille sur un nouvel album qui devrait être disponible avant la fin de l’année.

Qu’avez-vous prévu pour la célébration de votre anniversaire ?

La véritable fête c’est le 7 août, en souvenir de notre première prestation à l’hôtel El Rancho. On a prévu un ensemble de festivités réunies sous le terme de « T-Vice, 20 ans déjà » qui se tiendront pendant tout le reste de l’année en Haïti, à Boston, à Montréal et un peu partout où nos fans se trouvent.

Propos recueillis par Daphney Valsaint Malandre
Credit: Ticket Magazine

Les choix de John Barnes

30 enfants haïtiens ont participé à la 2e étape de l’édition 2012 de la Digicel Kick Start Clinic sous la houlette de l’ancien international anglais d’origine Jamaïcaine. Assis dans la salle de conférence du stade Sylvio Cator, ils approuvent le choix du technicien anglais. Il a retenu des jeunes joueurs de qualité.

Après le lancement officiel de la 2e étape de la Digicel Kick Start Clinic 2012 à Miami le 27 juillet dernier avec la participation d’un groupe de techniciens de Chelsea pour marquer le début d’un partenariat entre la Digicel et Chelsea, une rencontre amicale avait opposé Chelsea et le Milan AC au soir du samedi 28 juillet au Sun Life Stadium de Miami. 57 748 spectateurs dont deux clients de la Digicel en Haïti heureux gagnants d’un tirage au sort avaient pu assister. Sous leurs yeux, Ubi Emmanuelson à la sortie d’une belle combinaison avec Prince Boateng, avait battu le géant portier tchèque de Chelsea, Petr Cech, d’une frappe du pied droit à la 68e minute pour permettre au Milan de s’imposer 1-0.

John Barnes a pris son bâton de pèlerin de la 2e phase de la Digicel Kick Start dans la matinée du lundi 30 juillet à Panama où il a travaillé avec une trentaine d’enfants et retenu trois pour l’Académie que dirigeront les techniciens de Chelsea à la Barbade. Haïti où il est arrivé le 1er août a été la 2e étape de son voyage.

A Port-au-Prince, pendant deux jours (2 et 3 août), coup francs, penalties, situations de jeu, comportement en équipe, comportement individuel, technique individuelle, technique en groupe, adresse et précision dans les tirs, tout est pris en considération par les yeux fouineurs de l’ancien international anglais.

Assisté du Directeur Technique National d’Haïti, Wilner Etienne, mais aussi du Secrétaire Général de la Fédération, Carlo Marcelin et de plusieurs techniciens haïtiens, l’ancien joueur de Liverpool a déroulé un programme méticuleux lui permettant d’observer tous les aspects de la capacité des 30 jeunes athlètes qui lui ont été soumis pour en retenir 4.

« J’aurais pu retenir une douzaine au moins s’il faut tenir compte de la qualité de ces jeunes, mais le football nous place souvent dans l’obligation de faire un choix et nous ne pouvons retenir que 3 », déclare-t-il avec émotion comme s’il regrettait d’avoir la responsabilité d’effectuer les choix. Après discussions avec les responsables de la Digicel, il a retenu un 4e joueur.

« John Barnes m’a dit que vous êtes très bons et que s’il le pouvait, il vous aurait emmenés tous à l’académie. Malheureusement il ne peut retenir que 3 », a pour sa part déclaré le représentant de la Digicel en Haïti, Ronald Eliacin, en s’adressant aux jeunes participants.

« Cependant, vous devez continuer à jouer au football parce que vous aimez le football parce que vous croyez dans le football. C’est parce que la Digicel vous considère comme l’avenir du football qu’elle a décidé de vous accompagner en vous permettant de partager l’expérience internationale de John Barnes afin que vous appreniez à être plus performant. Continuez à jouer pour mettre ce qu’il vous a appris en pratique et vous réussirez », a-t-il continué.

Haïti pourrait avoir un autre participant à l’Académie de la Barbade en la personne de Vladimir Victor (15 ans, milieu récupérateur). En effet le natif de Delmas, s’est payé le luxe de réussir 5 penalties sur 10 en faisant passer le ballon dans des trous spécifiques laissé dans le tapis qui masque les buts dans la circonstance. « Chaque penalty réussi comptant pour 20 points, jamais personne avant lui n’avait pu réussir plus que 80 points. Il est le premier depuis le début de la Digicel Kick Start Clinic à avoir réussi 5 penalties et s’il n’est pas battu, il ira en Barbade », a conclu John Barnes.

Enock Néré nereenock@gmail.com
Credit : le Nouvelliste

Le Premier ministre Lamothe à cœur ouvert au Matin

En tenue décontractée, le samedi 28 juillet, le Chef du gouvernement haïtien, Laurent Lamothe et le ministre des sports, Jean Roosevelt René sont venus rendre une visite de courtoisie aux athlètes haïtiens au village Olympique.

 

Dans ses propos de circonstances, le Premier ministre a remercié les athlètes et les a encouragés en précisant que son gouvernement fera de son mieux pour les accompagner. « Nous sommes avec vous. Nous comptons sur vous afin de représenter valablement notre bicolore. Je tiens à vous préciser que mon gouvernement sera toujours à vos côtés pour vous aider », a-t-il déclaré à Marlena Wesh (200 et 400m), Jeffrey Julmis (110m/haies) et Linouse Desravines (-52kg, judo). Moise Joseph (800m) et Samyr Lainé (triple saut) n’étaient pas présents à la rencontre.

 

Après la réunion, Linouse a demandé au Premier ministre de lui accorder une aide financière afin de terminer ses études. Sans hésiter monsieur Lamothe lui a promis son aide. De son côté, le ministre des sports s’est engagé aussi à faire quelque chose pour elle dès son retour en Haïti. « Cette fille a beaucoup de talents. Elle est très prometteuse. Je vais faire tout mon possible pour l’encadrer », a fait savoir le ministre René dans un échange que nous avons eu avec lui. À signaler que le dimanche 29 juillet, avant son départ pour Haïti, le Premier ministre et son ministre des sports se sont rendus au stadium ExCel pour saluer et encourager Linouse qui allait combattre Bundmaa Munkhbaatar de la Mongolie. Dommage, notre compatriote n’a pas pu se défaire de son adversaire et a perdu la rencontre par ippon.

 

À part la visite effectuée auprès de la délégation haïtienne, monsieur Lamothe a rencontré plusieurs autorités internationales du sport. Il a paraphé un accord avec Jacques Rogge, président du Comité international olympique (CIO) pour le démarrage des travaux du premier centre olympique haïtien. « Les travaux vont débuter sous peu », a-t-il informé.

 

Il s’est également entretenu avec Sepp Blatter, président de la Fédération internationale de football amateur (Fifa). Ce dernier a accepté de participer à la réalisation du centre olympique en proposant un apport pour augmenter le nombre de place assisses dans le stade qui sera réservé au football. « Nous avons eu une rencontre avec le président Blatter. Il va agrandir la capacité des places assises du stade de foot au centre olympique. Il a aussi promis de nous aider à réaliser des programmes sociaux dans des zones défavorisées », a-t-il souligné.

 

Le Chef du gouvernement qui est également le ministre des Affaires étrangères a eu également un entretien avec le prince Charles. Ils ont échangé sur la question de reforestation d’Haïti et sur le plan de reconstruction du centre historique de la capitale haïtienne dévastée par le séisme du 12 janvier 2010. Monsieur Lamothe a aussi été reçu par la reine Élizabeth II. Il a estimé fructueuse sa rencontre avec la Reine d’autant que c’est elle qui avait manifesté la volonté d’accueillir pour la première fois un dignitaire haïtien. Le numéro 2 haïtien a profité de son passage pour discuter de quelques projets sur l’université de Limonade avec notre compatriote Michaëlle Jean qui est l’envoyée spéciale de l’UNESCO pour Haïti et grand témoin de la Francophonie aux Jeux olympiques « Nous l’avons rencontrée au sujet de l’université de Limonade. Nous autres du gouvernement, nous allons allouer 5 000 000 dollars pour la construction des dortoirs supplémentaires à l’université », a-t-il précisé.

 

Enfin, M. Lamothe a également rencontré plusieurs chefs de gouvernement des Caraïbes et d’Afrique. « Nos commerçantes qui iront au Panama très prochainement n’auront pas de problème. J’ai demandé au responsable de ce pays de prendre des mesures pour faciliter le visa à nos ressortissants dans un délai ne dépassant pas sept jours. Nous prévoyons aussi d’établir des contacts diplomatiques avec nos frères et sœurs d’Ouganda. Nous allons travailler avec eux afin de suivre les modèles qu’ils ont utilisés pour résoudre le problème des ONG », a-t-il informé.

 

À noter que durant son passage à Londres, le Premier ministre a inauguré la « Maison d’Haïti » où se s’étaient exposés divers de nos produits d’art et d’artisanat. Les retombés de cette initiative seront bénéfiques au pays. Déjà plusieurs investisseurs se donnent rendez-vous en février 2013 pour une visite du terrain.

 

Un vaste programme sportif pour le gouvernement

 

« C’est pour la première fois qu’un gouvernement haïtien a autant de projets pour le sport. Nous allons construire 140 centres sportifs dans le pays, 20 terrains de basketball et 9 stades multisports », s’est vanté le Premier ministre Laurent Lamothe.

 

Il a annoncé aussi que son gouvernement compte mettre en place un budget pour desservir les délégations qui auront à représenter Haïti sur la scène étrangère.

Gérald Bordes

Depuis Londres

 

Haïti en demi-finales des 400 m

Avec un chrono de 51 secondes 98 centièmes, l’étudiante en médecine, Marlena Wesh (21 ans) a pris la troisième place de la septième vague lors de la première journée du championnat d’athlétisme aux Jeux Olympiques de Londres 2012, ce vendredi 3 août chez les 400 mètres dames, une série dominée par la Nigériane, George Regina (51’’24) devant la Russe, Gushchina Yulia (51’’54).
Après la déception de Linouse Desravines en judo (52 kilos), l’espoir renaît dans le camp des haïtiens, suite à la qualification de Marlena Wesh pour les ½ finales des 400 mètres dames en prenant la troisième place de la septième série.
Lancée dans le couloir #4, Marlena Wesh, dossard (2030) n’a pas tardé pour donner le ton dès l’entame de la course. Au final, elle s’est emparée de la troisième place largement suffisante pour rallier les demi-finales puisque l’adversaire qui le suit, la Sénégalaise, Amy Mbacke Thiam, a réalisé un temps de (53’’23) mais distancée pour quelques centièmes par la Nigériane, George Regina (51’’24) et la Russe, Gushchina Yulia (51’’54).
Sur l’ensemble des 49 athlètes qui participaient aux 400 mètres dames, Wesh a réalisé le 14e meilleur temps sur les 21 athlètes qualifiées pour les ½ finales, mais loin derrière les trois lauréates, Amantle Montsho (50’’40) de Botswana, Antonina Krivoshapka (50’’75) de la Russie et Francena McCorory (50’’78) des USA.
Si la chance de médaille de Wesh n’est pas garantie, ce succès peut lui permettre de rêver grand, de préparer le choc des ½ finales où prendront part les étonnantes et atypiques Américaines, Jamaïcaines et Africaines dans la plus parfaite sérénité.,Les ½ finales sont programmées pour ce samedi 4 août à compter de 3h05 (heure de Port-au-Prince). L’Haïtienne se trouve placée dans la troisième série, accompagnée de Carol Rodriguez (52’’19) de Porto-Rico), Antonina Krivoshapka (50’’75) de la Russie), Omolara Omotosho (52’’11) du Nigéria, Lee McConneell (52’’23) de la Grande-Bretagne, DeeDee Trotter (50’’87) des USA, Novlene  Williams-Mills (50’’88) de la Jamaïque et de Nataliya Pyhyda (51’’09) de l’Ukraine.
En tenant compte de la performance de chaque athlète placée dans sa série lors ¼ de finales, Wesh (51’’98) avait fait mieux que Carol Rodriguez, Omolara Omotosho et Lee McConnell. Autant dire, Marlena Wesh qui sera placée dans le couloir #4 doit sortir une grande course pour espérer se qualifier pour la finale.
La prochaine sortie de l’athlétisme haïtien aux JO de Londres est programmée pour ce lundi 6 août avec la rentrée en lice de Moïse Joseph en 800 mètres hommes et pour l’occasion, Marlena Wesh va à nouveau tenter de se qualifier pour les ½ finales en 200 mètres dames.

Légupeterson Alexandre /petoo76@aim.com

Les rythmes haïtiens s’essouflent

Les méringues ont beau réjouir les milliers de festivaliers durant ces trois jours gras, la musique haïtienne fait aujourd’hui face à un défi de taille : la jeunesse est de moins en moins intéressée aux rythmes locaux.  « Aujourd’hui, dans les night-clubs, il est plus facile de faire salle comble avec une soirée de dj qu’avec un bal de compas », a analysé Lyonel « Ti Lion » Guillaume, animateur vedette de l’émission Plateforme Magik. Le compas est en train de s’écrouler sous son propre poids “, avait déploré aussi, le mois dernier, Clément « Keke » Bélzaire, guitariste de Mizik Mizik. Et à entendre les récentes complaintes de pas mal de musiciens du compas, cette situation semble, depuis quelques années, faire la part belle aux musiques étrangères, au grand dam de l’héritage de Nemours Jean-Baptiste.

Résultats : changement de goût des consommateurs, mais aussi déclin du secteur. Et le compas n’est pas le seul. «  C’est toute l’industrie musicale haïtienne qui est en crise », a observé « Ti Lion », intervenant ce mercredi à l’émission Panel Magik. Pour preuve, le Racine, style de musique prisé des défilés carnavalesques dans les années 90, ne suscite plus autant de ferveur, selon le chroniqueur. Même considération pour le dernier-né de l’industrie,  le « Hip-hop kreyòl » qui, selon des analystes, n’est jusqu’à présent, pas encore à la hauteur de ses promesses.

Pour le très expérmenté “Keke” Bélizaire, les essoufflements du compas sont surtout dûs à une absence de relève inter-générationelle. « Au cours des dix dernières années, aucun groupe musical ténor n’a émergé après Carimi », a-t-il fait remarquer. Le manque de créativité de plus en plus patent de la plupart des chanteurs et musiciens est aussi à regretter, d’après Ti Lion. ” Les mêmes slogans reviennent chaque année et perdent de leur originalité “, a-t-il noté dans l’animation musicale du carnaval des Fleurs. Les mauvaises pratiques existent, toutefois, dans toute la filière musicale. Et, pour inverser la tendance, la formation des musiciens, la critique musicale, le professionalisme des studios d’enregistrement et des promoteurs et la culture musicale des Haïtiens seraient autant d’aspects à revisiter.

Au centre du carnaval et des fêtes champêtres, la musique représente aujourd’hui l’un des rares divertissements encore à la portée de la jeunesse, privée de salle de cinéma, de théâtre et de centre athlétique. « Port-au-Prince est peut-être à présent la capitale la plus ennuyeuse du monde », a lâché Tilion, dégoûté par la faiblesse de l’offre de loisirs dans la région métropoliaine. C’est, selon ce dernier, ce contexte qui a provoqué le développement des activités de divertissement peu recommandées, dénommées “zokiki”. A cet égard, l’économiste Kesner Pharel plaide, quant à lui, pour une plus grande attention de l’Université à l’industrie des loisirs, dont il reconnaît les opportunités pour le développement national.

Champ de Mars, fraîchement libéré de ses camps de déplacés à la suite du séisme de 2010, a repris sur une bonne note son rôle de réceptacle des grandes manifestations socioculturelles : le pays y a célébré la musique. « Pari réussi », note le président Martelly, avant d’annoncer pour bientôt des festivals nationaux de musique dédiés aux troubadours et aux dj. En juin dernier, il avait par ailleurs lancé le projet de l’Institut National de Musique d’Haïti (INAMUH) et du Système des Orchestres Symphoniques d’Haïti.

Musicien de carrière et grand animateur de festivités populaires, le chef de l’Etat veut-il prendre soin de son ancienne chapelle ?

Carl-Henry CADET aloccarlo@hotmail.com
Credit: Le Nouvelliste

Martelly a gagné son pari, T-Vice aussi

Ils étaient là. Par dizaines de milliers, des carnavaliers ont répondu présent à l’appel du plaisir. Au Champ de Mars, vidé de ses tentes, ils se sont éclatés, mêlés et ont pété les barrières sociales. Le plaisir a soudé, donné l’impression d’un partage de citoyenneté. Michel Martelly, « président du compas » et président de la République, a gagné son pari. La capitale n’a rien à envier aux Cayes. Elle a eu son carnaval, de l’argent a circulé dans l’économie.

Dans le sillage de la plus grande fête populaire qui s’est tenue en plein été, le débat a enflé à la radio. On prétend que T-Vice a surclassé Djakout number one et tous les autres groupes, que BC était meilleur que Rockfam, que Team Lòbèy est la révélation et que les autres groupes compas, en panne d’inspiration, ont été des flops. Moins pire en tout cas que les groupes racines, complètement surannés, sans âme, sans combat.

Le débriefing d’après carnaval met en lumière les petites ratées logistiques, les déceptions esthétiques. Rien de trop grave par rapport aux morts et blessés de l’exercice ayant coûté à l’Etat quelque 30 millions de gourdes, mobilisé plus de 5 000 policiers. Quoi qu’on dise sur le sens des priorités en Haïti où tout est urgent, tout est prioritaire, le président Michel Joseph Martelly est partant dès qu’il s’agit  de bamboche populaire. Le bonheur national brut est-il devenu un indicateur  en Haïti ? Cela en a tout l’air car d’autres rendez-vous sont arrêtés : un festival pour les troubadours et une journée pour les DJ, les grands absents du carnaval des Fleurs.

Si, entre-temps, certains croient qu’il faut désormais avoir des rendez-vous arrêtés dans un agenda national d’activités culturelles pour apporter de la valeur ajoutée aux fêtes champêtres drainant des centaines de milliers de croyants, de festivaliers, d’autres s’inquiètent du contenu. Est-ce que la culture et ses différentes filières sont pensées afin de fournir des productions originales, attractives ? Est-ce qu’il y a des troupes de danse, des créateurs capables de faire la scénographie de nos grandes conquêtes militaires ? Est-ce que le rara, dans toute sa diversité, aura un jour droit de cité à la radio ou à la télé ? Est-ce que les radios vont finalement avoir un quota de diffusion en vue de faciliter l’essor des artistes haïtiens sans desservir les éclectiques ? C’est souhaitable. Autant que des ressources pour le ministère de la Culture, rachitique avec moins de 1% du budget de la République.  

Si le président Michel Joseph Martelly, satisfait du déroulement de ce carnaval, s’est attiré les faveurs des fêtards, il est cependant attendu au tournant. Après les festivités, les brûlants dossiers de la République ne cesseront pas de l’être. La cherté de la vie, plus que les autres dossiers, provoquera quelques soucis. Certains espèrent que l’on ne tombera pas dans les répliques dignes de la fable de La Fontaine « La cigale et la fourmi »…

Roberson Alphonse roberson_alphonse@yahoo.com ralphonse@lenouvelliste.com
Credit: Le Nouvelliste