Tropicana d’Haïti: 50 ans d’exemple

Tropicana d’Haïti: 50 ans d’exemple

15 Aout 1963 – 15 Aout 2013

 Comme tous les jeunes de ma génération je ne connais pas les débuts de Tropicana d’Haïti, mais comme tout haïtien je suis fière de parler de Tropicana d’Haïti, la référence dans la musique haïtienne. Autant aimer danser ce groupe parce que Tropicana fait danser tout le monde. Comme en témoigne la blague sur l’interprétation du titre « Kenbe diyite w » sur le fantôme d’une femme qui dansait Tropicana « mwen gen lontan mwen pa danse nan bal kretyen vivan, peze’m non peze’m non peze’m vivan ». Comment ne pas danser sur la mélodie de « Notre faute ». Et que dire de ces paroles « Cette soif si ardente, il faut jouer de tendresse pour l’apaiser. Et comme t’es magique tu m’as hanté l’esprit et j’ai osé » ou encore «  yon rich malonèt pi pòv ke yon pòv onèt ». J’aime beaucoup « Ti Joslin ».

Cet article se veut le porte-voix de nombre d’Haïtiens qui souhaitent saluer de vive voix 50 ans de bonheur et l’abnégation de plusieurs générations de musiciens qui en dépit des contraintes ont su dépasser leur différence pour conduire avec succès le compas sur les tropique d’Haïti. Tropicana d’Haïti, un groupe, mais aussi une histoire. Bien que ce ne fût pas facile, aujourd’hui le groupe fête son mariage d’or avec le peuple haïtien.

Je n’ai jamais été au traditionnel bal du 29 Août de Léogâne, ni ailleurs mais je veux au nom de tous les haïtiens qui se respectent et reconnaissent la grandeur vous remercier de votre générosité, d’avoir porté haut et loin l’étendard de la culture haïtienne. A tous les fervents fanatiques, je dis bonne fête. Je voudrais vous souhaiter des décennies de vie et de bonheur. Que votre musique puisse bercer pendant longtemps encore les générations actuelles et que les générations futures puissent danser, chanter, rêver et s’inspirer de vos textes profonds.

A tous les haïtiens qui ont beaucoup de raison de croire que deux haïtiens ne puissent se mettre ensembles pour réaliser quelque chose, je voudrais vous inviter à regarder l’exemple de Tropicana qui en 50 ans a su refaire l’histoire. L’union fait la force, et 50 ans d’unité donnent une œuvre grandiose. Cet anniversaire n’est pas seulement une fierté d’avoir fait danser des générations, mais c’est une victoire sur les idéologies, un exemple fort sur les pouvoirs de l’unité. Tropicana d’Haïti a su préserver l’unité, faisant passer les intérêts du groupe et du public avant les intérêts des membres distincts qui le compose.

Aucune plaque, aucune médaille ne saurait honorer autant de service rendu à la nation. C’est pourquoi, nous nous devons, chaque haïtien sans distinction, de saluer ce succès en perpétuant cette tradition. Que les groupes de la nouvelle génération qui se modifient et s’autodétruisent au gré des envies puissent regarder la route tracée par Tropicana et s’en inspirer. Que les formations qui ont réussi à devenir adulte puissent prendre note (une formation que j’apprécie beaucoup a fêté ses 18 ans en décembre dernier). Que nos dirigeants qui font des choix de court terme puisse regarder la plus grande formation de compas du pays et penser à la durabilité. Aux jeunes qui peinent à démarrer, souvenez-vous qu’il fut un temps on les appelait « Twapyekana », accrochez-vous et continuer à travailler, dans 50 ans comme Tropicana vous ferez sûrement rêvez tout un peuple.

Pour ces 50 ans d’exemples, pour toutes les moqueries que vous aviez eu à supporter, pour tous ces maux que vous aviez su consoler avec vos mots bien disposés, pour la fierté que vous apportez à tout un pays, pour avoir fait danser toutes ces générations, MERCI TROPICANA D’HAITI ! Puissiez-vous continuer à vous mettre avec nous pour apaiser cette soif si ardente, soif d’unité, soif de fierté et soif de réalisations. 15 Août 1963 – 15 Août 2013 50 ans ! Longue vie Tropicana et merci pour tout.

 

Mezanmi m pa ka di mwen se yon fanatik, menm fyè anpil pou aplodi Tropicana d’Haïti jodi a.

Marie A. Alliance

Djakout Mizik presse Djakout #1 de changer de nom

A peine classé champion du carnaval des Fleurs tenu au Champ de Mars les 28, 29 et 30 juillet dernier, selon plus d’un, Djakout #1 sera-t-il obligé de changer de nom ? En tout cas, le conflit entre les deux groupes musicaux Djakout Mizik et Djakout #1 est revenu dans l’actualité alors qu’on le croyait terminé. Djakout # 1 devra-t-il fonctionner sous une autre appellation ? Intervenant sur les ondes de Radio Magik 9 (100.9 FM) dans le cadre de la présentation du nouvel album de Djakout Mizik intitulé « Defi Leve », le maestro de Djakout a fait savoir que cette année, la question de l’existence de deux Djakout sera pour une fois résolue. « Ils sont obligés de changer le nom de leur groupe ou d’enlever leur «Djakout», car, dans le domaine commercial et selon la loi, il ne peut y avoir l’existence de deux Djakout », a déclaré Jolicoeur. Forcer Djakout #1 à changer de nom est l’un des autres défis qu’ils auront à lever pour cette année 2013 après la sortie de l’album », a poursuivi le maestro de Djakout Mizik. Réagissant à cette déclaration, le mercredi 7 août 2013, Shabba, tambourineur de Djakout #1, rappelle que depuis assez longtemps cette question revient sur le tapis, inutilement. « Je vais voir entre Djakout Mizik et Djakout #1 lequel est le groupe le plus populaire et le mieux branché », a simplement lâché Hervé Anthénor dit Shabba. Djakout Mizik leve defi a ? Plusieurs années après la division de la Familia Djakout et après de nombreuses difficultés, Djakout Mizik a finalement sorti son album longtemps promis. Contenant onze morceaux (« Ranje chita’w », « Folie lanmou », « Regrè », « Ban’m Djakout mwen », « Mademwazèl”, “Et si on faisait l’amour” featuring Nadia Faubert, “Defi leve”, “Li pa merite sa”, “Chans mwen”, « Papa’w pap fè paw (kanaval 2012), et « Dezòd sou cha one » (kanaval 2013), ce disque est produit par Djakout Mizik lui-même. C’est le septième album réalisé par Djakout Mizik depuis son existence cela fait environ vingt ans, le premier après la dislocation. Plusieurs artistes dont Black Easy et Jude Jean de K-Dans ont participé sur ce CD. Pedro Fòs a interprété la plupart des chansons de l’album et l’autre chanteur du groupe, Dave, en a chanté deux. L’album « Defi Leve », c’est tout ce qu’il faut, a déclaré le chanteur. Jolicoeur. Le maestro du groupe dit croire totalement en cet album, « Defi Leve » de Djakout Mizik. Après sa participation le week-end écoulé au Festival Bikini à Plage publique, Djakout Mizik se produira ce samedi 10 août 2013 à Marchand-Dessalines en tandem avec Mass Konpa.
 
Gilles Freslet (gillesfreslet@yahoo.fr)
Credit: le Nouvelliste

Le Pipo-voyageur, se serait-il finalement posé ?

Ederse « Pipo » Stanis, dernière recrue du groupe Klass connu pour son incapacité à rester au sein d’une formation musicale, est confiant et se veut rassurant. L’artiste se dit aussi satisfait de l’ambiance qui règne dans le groupe depuis qu’il l’a officiellement intégré il y a près de cinq mois. Tout va bien à Klass, assure Pipo. Je m’y sens très à l’aise. Il est vrai que le bien-être d’une personne dépend avant tout d’elle-même, mais quand on travaille en équipe, il est important de se sentir véritablement intégré dans cette équipe. C’est mon cas dans Klass, et tout va pour le mieux. » Le chanteur dit aussi avoir foi en cette nouvelle formation musicale. En effet, bien que jeune, Klass à en son sein des musiciens très expérimentés dont lui, Ederse Stanis, qui, “au fil des djaz”, a dû accumuler bien des expériences. Revenant justement sur son parcours musical plutôt controversé, l’ex chanteur de Nu Look, de Bèljazz, de HangOut, de D’Zine… tente de justifier ses défections et d’expliquer sa réputation de dissident. Commentant l’aventure Bèljazz, groupe qu’il a fondé avec ses propres ressources avec l’aide de quelques amis, Pipo déplore le fait que la perception que le public avait de cette formation musicale était bien éloignée de la réalité. « Je plains ceux qui s’empressent de commenter sans connaître les faits. Moi qui suis dans la cuisine, je sais que le Bèljazz ne drainait pas la foule. Et aussi, je suis en fait la dernière personne à avoir laissé le groupe. Il m’aurait d’ailleurs été difficile de faire autrement après le départ des piliers de cette formation musicale comme Ralph Ménélas », raconte la dernière recrue de Klass, sur un ton pour le moins attendrissant. Pour ce qui est de son passage éclair au sein de Nu Look, l’artiste met le blâme sur un manque de communication ne venant toutefois pas de son côté. A qui la faute, alors ? Fair-play, il dit préférer garder pour lui tout détail pouvant affecter la bande à Arly Larivière. Fort de la maturité et de la sagesse qu’il dit avoir acquis tout au long de ses multiples expériences, le chanteur veut rassurer les fans de Klass. Comme ultime argument, il évoque le contrat discuté avec Richie puis revu par devant les avocats qui les unit au sein de Klass formellement, bien avant leur amitié de longue date. Pipo, l’oiseau voyageur, se serait-il donc finalement posé ?
Daphney Valsaint MALANDRE
Credit: Le Nouvelliste

Richie, le maître de Klass

Rencontré récemment à Miami, Richie, figure de proue du compas, a fait le point sur l’avenir de ce genre musical. Entre conseils et critiques, le maestro a aussi évoqué Klass, son propre groupe et aussi dernier-né du compas. L’artiste dit vouloir offrir autre chose au public. « J’ai toujours voulu changer l’approche. Mais avec Zenglen dont l’identité était déjà établie, c’était difficile. C’est dans cette optique que Klass a été créé. J’aimerais que cette formation musicale soit ce qu’il manquait à l’industrie musicale haïtienne. Klass se ajoute l ajoute. On ne veut prendre la place de personne », martèle le batteur. Il ajoute par la suite que le groupe a recruté plusieurs jeunes talents. Certains déjà connus du public et d’autres qu’il faudra découvrir en vue d’effectivement apporter quelque chose de nouveau. Toutefois, Richie dit s’être octroyé la responsabilité de maintenir vivant le compas authentique. Fidèle à son style de toujours, le musicien s’assure donc de toujours incorporer une touche de cette tendance à ses oeuvres. Parallèlement, le compas est en baisse. Le maître à penser de Klass le concède et tente de l’expliquer. Il évoque le manque de production mais aussi la façon dont le compas se joue ces derniers temps. « On a arrêté de faire la différence entre concerts et bals. De plus, les gens ne sortent plus en couple. Le compas étant une musique dansante mouvman grennsenk lan pa avantaje l’», déplore Richie. Il propose que l’accent soit mis sur la danse qui accompagne notre musique, créant ainsi un certain engouement auprès des jeunes. Le transfuge de Zenglen voudrait aussi apporter des changements en thème de show « et faire en sorte que les choses reprennent leur place ». « J’aimerais qu’il ne soit plus question de « rele anmwey, leve men anlè », etc. Quand on se rend à un bal, on doit pouvoir s’assoir, profiter du service des lieux et aussi danser. Dans un an on pourra effectivement voir le changement qu’on essaie d’instaurer maintenant», promet-il. En attendant, le groupe Klass est bel et bien lancé. « Fè l vini avan », son premier album, en circulation depuis bientôt un mois, fait son petit bonhomme de chemin. Le maestro a foi en son équipe et n’a pas voulu limiter son audience. « Klass vise un public composé de vieux d’un an et de jeunes de 90 ans », a conclu en riant le batteur dont l’humour a donné naissance à bien de populaires slogans.
Daphney Valsaint MALANDRE
Credit: Le Nouvelliste

Aprann pliye kò’ w !

Enregistrée chez lui dans son studio de Péguy-Ville le temps d’une nuit, ”Pliye kò’w”, la plus courte méringue du moment, a tout de suite eu l’approbation des frères, soeurs et même du père de l’aîné des Martelly. « Je me rappelle, dit Olivier en riant, papa m te di m sa a tou hit. Je ne voulais pas faire une longue musique ni un morceau habituel. Je voulais quelque chose d’amusant, qui allait retenir l’attention de tout le monde, mais qui surtout avait un slogan facile. » Dans le bureau de Ticket, mercredi matin, Olivier, sac au dos, renvoie plus l’image du musicien passionné que celui du responsable de « Soccer for change », le mouvement qu’il a lancé. En jeans et baskets, bien que son maillot vert vif soit frappé du logo de « Foutbòl pou chanjman », le jeune homme est plus reposé que la dernière fois que je l’ai croisé dans son bureau au Palais National. « La méringue est venue facilement. J’ai d’abord fait le beat, puis j’ai écrit les paroles avec Roody, un ami. Mais tout était prêt après une nuit. Je voulais aussi que le morceau soit sur toutes les lèvres avant les trois jours gras et je pense que l’objectif est atteint. » Onzième dans le top 20 des méringues les plus diffusées sur la bande FM ces deux dernières semaines, ”Pliye kò’w” a relativement fait son travail auprès du public. Avec la vidéo qui a tout de suite suivi le morceau, la danse aussi. « Chak moun fè pliye kò’w la fason pa yo », explique Olivier, jovial. « Dans les provinces ou à Port-au-Prince, partout où je passe, les gens m’arrêtent et me font un pliye kò’w. C’est devenu comme une salutation ». ”Pliye kò’w”, inspirée de ”Tòde kò’w”, la danse de la méringue carnavalesque 2012 de Kreyòl La, est « dans kanaval la ». Avec les vidéos prises à partir de son iPhone, le fils du président prend plaisir à montrer à qui le veut ses fans si hardis. Pour ceux qui s’obstinent à croire qu’Olivier Martelly n’aurait pas dû utiliser le terme « Wana » dans sa méringue, ce dernier répond ceci : « Wana et zokiki étaient les mots les plus populaires de 2012. Je ne les ai pas utilisés à un mauvais escient. Quand on parle de Wana on parle d’une femme. C’est comme si je disais ”Sarah”, par exemple. Il n’y a rien de vulgaire dans la méringue. Je me devais de toucher toutes les couches sociales et tous les clans avec la musique, et c’est ce que j’ai fait. Oui, j’ai reçu des critiques, mais franchement, je n’en ai pas tenu compte, parce que de toute façon, on ne peut pas plaire à tout le monde ». De même pour son featuring avec le beatmaker G-Dolph pour sa méringue, Olivier classe cette collaboration comme un « trip » et un « support au rabòday ». Oui, BigO sera au Cap. La question se posait-elle ? Les trois jours gras le verront sur le char de son frère T-Micky, avec qui il partagera la vedette. « Ça ne me dérange pas du tout d’être sur le même char que Sandro. Au contraire. Nous allons faire ”un malheur” à nous deux », affirme Olivier, plus qu’heureux d’avoir la chance de participer au défilé carnavalesque. « Week-end sa a nou pral fè moun Jacmel pliye kò yo. Le carnaval de Jacmel devient de plus en plus important, tant au niveau touristique, culturel et musical. Les groupes l’utilisent comme une sorte de répétition avant les grands jours. » (rires) Pour ce qui à trait à ses projets futurs, le chanteur a déjà une musique prête pour le temps mort après le carnaval. « ‘Brase lari a’ est mon nouveau bébé. Elle sera disponible après la période carnavalesque. Je ne me démarque pas de mon style habituel et je pense qu’elle sera appréciée du grand public. » En attendant les 10, 11 et 12 février prochains pour voir comment le boulevard du Cap accueillera les fils présidentiels, tout moun pliye kò’ n !
Gaëlle C. Alexis
Credit: Le Nouvelliste

Tropicana d’Haïti, l’Orchestre le plus populaire de l’année

A la veille de son 50e anniversaire, l’Orchestre Tropicana d’Haïti, la fusée d’or, appelé par ses fans, « l’Orchestre de toutes les générations », est au top de sa forme et ne cesse de multiplier ses prestations tant en Haïti qu’à l’étranger.
L’Orchestre Tropicana est issu de l’Orchestre CARAÏBES qui vit le jour dans les années 50. L’histoire raconte que c’était un mercenaire cubain, Basile COTTY qui, paradoxalement, a suggéré le nom : Tropicana au maestro Claudin ou Glaudin. L’histoire du Tropicana parait quelque peu singulière et étonnante. Qui aurait pu imaginer que cet Orchestre, aujourd‘hui une référence nationale, connaitrait des moments noirs peu après sa création.
L’aventure a commencé au mois d’août 1963 au Cap-Haïtien, dans la métropole du Nord avec son premier maestro, Emmanuel Turenne, rejoint plus tard par Charlemagne Pierre-Noel, le directeur musical. L’Orchestre a eu du mal à fonctionner tant les pressions sociales étaient fortes. Il ne pouvait pas se produire dans les milieux intellectuels, huppés qui étaient considérés comme la chasse gardée du Septentrional. Tropicana était l’orchestre des déshérités, donc il était relégué à l’arrière plan. Si jamais il devait jouer quelque part, en milieu défavorisé bien sûr, c’était pour une pitance.
A cette époque, la musique française et la musique latine était très populaires en Haïti. Il fallait venir avec quelque chose de meilleur pour arriver à s’imposer dans une zone qui vous est déjà très hostile. La présence de Tropicana avec son fameux chanteur Pierre Féquière Joseph, plus connu sous le nom de Giordany Joseph (Gros monsieur), allait-elle changer les choses ?
Celui-ci excellait en chansonnettes françaises, boléros et pots-pourris spécialement. Il était une référence sûre, sa voix remplissait l’Orchestre dans tous ses compartiments. Il était devenu un chanteur de charme avec les chansonnettes françaises et ses boléros, dont lui seul avait le secret. Dans son style, il était unique. L’artiste était un parolier extraordinaire. Il a ajouté au répertoire du Tropicana des textes mémorables comme: « Rosemarie », « Marie Madelaine », « Rosie » et « Philomise » que Charlemagne Pierre-Noel et Daniel Larivière avaient orchestrés. Son texte de prédilection était « Le Nègre », arrangé par le professeur Jean Janvier Muselaire.

Ces compositions aidaient beaucoup l’Orchestre à se faire connaître, à s’imposer et à explorer d’autres régions du pays. Avec l’aide de certains médias, le Tropicana d’Haïti commençait à faire sa popularité. Des animateurs de radio comme Joseph Solon et Denis H. Mathurin ont beaucoup contribué à la popularisation de l’Orchestre. D’autres émissions populaires comme le club Tropic de Port-au Prince répandaient ses compositions à travers le pays et les rendaient ainsi populaires de jour en jour.

Selon Djecee de kitelmache.net, « Le nom de l’Orchestre Tropicana d’Haïti recèle aujourd’hui un trésor d’histoires fabuleuses pour les générations présentes et futures. Groupe musical mythique et légendaire dont la gestion et la solidarité entre les musiciens font de lui une véritable institution. Le professionnalisme de ses musiciens, l’ingéniosité de ses compositions, jamais en déphasage avec le temps, doivent servir de modèle aux musiciens et aux entrepreneurs locaux. »

L’Orchestre Tropicana d’Haïti a produit plus d’une quarantaine d’album, à partir de 1970, soit sept ans après son existence. Le premier hit est la composition « Zoklo », suivi de « Ti zo. » Mais n’en parlons pas parce qu’on trouve sur chaque album produit par l’Orchestre, au moins un hit et d’autres compositions sur des sujets populaires qui retiennent l’attention et qui sont matière à réflexions.

En termes de gestion, l’Orchestre Tropicana est un modèle, une véritable institution qui tient compte du bien-être de chaque membre qu’il soit actif ou non. Toutefois, cela ne veut pas dire pour autant que tout va bien au quotidien. Quand l’orchestre a démarré en 1963, il y avait des difficultés de toutes sortes. Au Cap même, le groupe n’était pas le bienvenu. Réaliser une kermesse ou une soirée dansante était chose difficile ou impossible. D’ailleurs, rares étaient les night clubs qui voulaient accueillir l’orchestre car le public avait du mal à apprécier le travail rythmique qui lui paraissait nouveau.

Le groupe ne gagnait pas assez d’argent, il était confronté à pas mal d’inconvénients qu’il devait surmonter coûte que coûte pour arriver à subsister. Heureusement, l’Orchestre était uni, les musiciens, solidaires les uns des autres, jouaient avec leurs cœurs amenant ainsi le groupe à prendre son envol au cours des années 1970, notamment en décembre 1973 après un voyage aux États-Unis d’Amérique, au Canada et aux Antilles selon M. Augustin Antoine. C’était une tournée à succès dont la nouvelle arrivait aux oreilles des plus entêtés et les portait à regarder l’Orchestre autrement Depuis, les prestations devenaient de plus en plus fréquentes et les mélomanes réticents commençaient à venir faire sa connaissance.

Une autre page est tournée et il faut voir l’avenir
Au commencement, il n’y avait pas beaucoup de musiciens à gérer, explique M. Antoine. Aujourd’hui, c’est plus complexe dit-il. Il y a les retraités, les musiciens actifs et les stagiaires. Maintenant le Tropicana est une machine avec plus de deux cent (200) contrats de bals et de kermesses par année, des dépenses exorbitantes, conclut notre interlocuteur. Le respect de ses fans, son professionnalisme et la discipline qui y règnent, constituent la force de cet Orchestre et expliquent en partie son succès.

Le Tropicana et le social
L’Orchestre Tropicana ne se contente pas seulement de jouer et de gagner de l’argent. La « Fusée d’or », s’investit aussi dans le social. Il y a la fondation, « Fonda Tropic » qui en 2008/2009 a planté 87 000 plantules à travers les communes du Cap-Haitien et du Limbé. La fondation s’occupe aussi des enfants nécessiteux en les aidants à payer leur écolage. La tradition des soirées dansantes.

Les soirées dansantes de l’Orchestre Tropicana d’Haïti, sont devenues une tradition dans beaucoup de régions du pays, à commencer par Port-au-Prince où l’on a l’impression que la « Fusée d’or » est même trop populaire. Les fans du Sud de Port-au-Prince savent que chaque 2 janvier, ils ont un rendez-vous avec le Tropicana au Méridien night club et c’est le même constat chaque 31 décembre au club International, à Pétion-ville, à la faculté d’Agronomie avant la Noël et au club Distinction à Damien, au Nord de Port-au-Prince. Ce n’est pas tout, dans les villes de province, l’orchestre par ses soirées dansantes attirent beaucoup de fans et même ceux de Port-au-Prince. Des gens de cette capitale n’ont aucun mal à se rendre jusqu’à Ounaminthe, dans le Nord-EST pour danser leur orchestre.

Avec l’avènement de son 50e anniversaire, l’Orchestre Tropicana va intensifier ses activités en Haïti et à l’étranger. Le dernier album du groupe « Pran san nou », qui est sorti depuis plus d’une année, est une preuve que l’Orchestre Tropicana d’Haïti reste en contact avec le temps et entend perpétuer sa tradition de marcher avec le temps.

Walter Cameau

Yon ti kout je sou Tropicana d’Haiti

Yo toujou di Ayisyen pa ka fè anyen ki bon, yo toujou di ti nèg nwè pa ka fè anyen. Èske se vre? Yon 23 Mas 1963 nan lakou Okap, yon ekip jenn gason ki chaje ak fòs ak kouraj, ak detèminasyon lanse yon mouvman, lanse yon lide, lanse yon pwojè, lanse yon konbit e fòme yon djaz  ki pral pran anpil chaplèt anba yon ekip moun nan epòk sa-a kite panse se yo e yo menm sèlman ki ka fè e defè.

15 Dawout 1963, malgre pwoblèm ak difikilte, ofisyèlman Tropicana d’Haiti pran nesans, jou fèt Nòtredam. Lakay nou depi ou pa pitit gwo zouzoun, se kòmsi ou pa kanpe sou anyen, depi ou pa pot gwo non ou pa nan batay. Tropicana D’Haiti sa-a tout moun konnen jounen jodiya, k ap fè tout moun danse, tout kote li pase li mete byen wo kilti peyi a,  pat epaye règ sa-a. Yo te konvèti non Tropicana sa-a an Twapyekanna, yo te menm di pye kanna pa monte tab. Istwa menm rakonte, lè djaz sa-a ap fè bal, gen kèk mizisyen lè yo sot lakay yo, yo pat janm vle mete inifòm nan paske depi moun wè yo y ap rele: men you mizisyen Pyekanna. Malgre tout  pwoblèm sa-a yo, mizisyen epòk sa-a te gen kouraj pou yo kontinye batay sa-a. Pou nou ale pi lwen, e pou nou repete Louis Jean-Lubin ki se yon ansyen Mayestwo djaz la e ki toujou yon aktif twonpetis, ki di: « Nou konn ap fè bal tèlman konn pa gen moun, lòt djaz k ap jwe konn vin bwote depi se chèz ki nan bal pa nou an ». Sa se te yon ti ekzanp mwen te vle bay .

Jounen jodiya Tropicana sou wout pou l fete 50 ane. Yon 50 ane ki vle di anpil bagay. Mezanmi pèmèt mwen fè ti konparezon sa-a: Tropicana se menm jan ak yon pitit malerèz ki leve nan yon katye kote ki gen gran nèg, kote ki gen malerèz, manman l ak papa l se dlo y ap bat pou yo fè bè, an franse nou ta di se vivote y ap vivote . Yo mete Tropicana lekòl, pafwa li pa jwenn manje pou l manje, pafwa se ak yon soulye chire, yon pantalon demode, yon chemiz chifonnen la l lekòl e pafwa lòt zanmi li yo ap anmède l, malgre Tropicana pase mizè sa-yo, li pote e toujou pote bon rezilta lekòl. Ak kouraj, fòs, ak detèminasyon, Tropicana fin lekòl e li soti youn nan pi gwo doktè ki gen nan peyi a e tout moun ki Ayiti ou nan peyi lòt bò dlo konnen li.

Si genyen yon enstitisyon Ayiti ki respekte moun, ki respekte kliyantèl li, ki gen nòm ak prensip ta sanble se Tropicana. Se sèl Djaz ki pa gen sipèsta ladann, e si gen sipèsta ta sanble se non an: Tropicana d’Haiti. Pa gen fanmi, pa gen enstitisyon, pa gen òganizasyon ki pa gen pwoblèm, nou konn pou kisa: se paske se moun k ap jere yo; konn gen pwoblèm nan djaz sa-a, paske mizisyen ki ladan l yo se moun menm jan ak tout moun yo ye. Men, yo toujou fè yon fason pou yo rezoud pwoblèm sa-a san li pa afekte djaz la, san li pa afekte fanatik yo, e peyi a.

Youn nan pwen mwen ta renmen souliyen nan ti atik sa-a se: mizysyen Tropicana yo se vrè pwofesyonèl. Gade yo pandan yon ti moman k ap jwe, gade fason yo abiye, gade fason yo akeyi ou menm kòm fanatik, gade fason yo evolye sou senn,  epi w a di m kisa ou panse. Pou m repete Pierre Pelotat, ki se gitaris e nan menm tan an administratè djaz la, li di: « Sa rive nou plizyè fwa nou vwayaje, nou pran bis pou n soti yon kote pou n ale yon lòt kote, chofè a pa konn si se mizisyen yon djaz l ap transpòte. »

Yon peyi tankou Ayiti yo di ki pòv, yon peyi, kote yo di nou pa ka jere tèt nou, yon peyi kote ki gen tout kalite pwoblèm. Se peyi sa-a wi ki gen yon Djaz, yon Òkès, yon Enstitisyon ki respekte tout prensip yo, ki rele Tropicana d’Haiti e ki nan kèk jou ankò pral fete 50 ane. Mayestwo Ti Blan gen rezon lè l di: « tout ayisyen kèlkeswa kote li ye ta dwe fyè, ta dwe santi l fyè lè y ap pale de Tropicana D’Haiti.

Tropicana, nan kèk mwa ankò ou pral fete 50 ane, mèsi anpil pou bèl mizik, mèsi anpil pou bèl tèks ou yo, mèsi pou bèl melodi, mèsi pou chagren ou retire nan kè nou chak jou, mèsi pou konsyans ou fè nou pran nan lavi nou, nou swete ou kontinye viv pou toutan gen tan.

Chapo!

Gerald Toussaint

 

 

 

Arly Larivière, seul chanteur de Nu-Look et Arly & Friends

En attendant le remplacement officielde Pipo au sein de Nu-Look, on n’a pas encore vu comme annoncé Hollywood accompagner le groupe pour ses prestations en Haïti pour les fêtes. D’ailleurs, au bal d’anniversaire de la TNH, le dimanche 23 décembre 2012, c’est Arly Larivière, comme pratiquement seul chanteur, qui a interprété la plupart des morceaux du groupe.
Arly réagit sur le départ de Pipo
Pour la première fois dans la presse locale, en marge de ce bal au Ritz Kinam, Arly Larivière a réagi sur le départ de Ederse Stanis dit Pipo de Nu-Look. Suite à l’introduction des MC’s de la soirée Esmeralda Milcé, présentatrice de la Télévision Nationale d’Haïti, et Jean Robert Raymond a.k.a. El Senor, animateur de la Radio Nationale d’Haïti, dans ses premières déclarations, le maestro a rappelé que « Nu- Look est une institution ». Ce que beaucoup d’observateurs n’admettent pas, vu la mauvaise gestion et les différents scandales qui entourent cette formation musicale.
Plus loin, Arly Larivière a ironisé ceux qui prétendent que le projet Arly & Friends serait à la base de la dissolution de Nu-Look.
Le mercredi 26 décembre 2012, à l’émission de Brégard Anderson, sur Radio Caraïbes, Arly a affirmé qu’il respecte la décision de Pipo de quitter le groupe après deux ans. « C’est quelqu’un que j’apprécie comme vocaliste. Nu-Look est une institution qui existait avant Pipo et qui continuera d’exister après lui », a-t-il soutenu. Cependant, le maestro a refusé de commenter les rumeurs, sur les nouvelles orientations de Ederse Stanis. « On dit qu’il va retourner à Beljazz mais, je ne vais pas commenter cela », conclut Arly Larivière.
Il faut dire que quelques heures avant le bal tandem T-Vice/ Nu-Look au Ritz Kinam II, à Pétion-Ville, Arly & Friends étaient au Parc Historique de la Canne à Sucre pour prendre part à la cinquième édition du concert de Noël, « Christmas with the stars ».
Entre-temps, un bal de Nu-Look annoncé pour le mercredi 26 décembre 2012, à Miche’s Garden, a dû être reporté au dimanche 30 décembre en raison de l’indisponibilité de plusieurs musiciens, dont le batteur Charnel Julmice et le bassiste Normans, ont fait savoir les responsables du groupe aux organisateurs de cette soirée pour laquelle plusieurs centaines de billets ont été déjà vendus.

Gilles Freslet (gillesfreslet@yahoo.fr)
Credit: le Nouvelliste

Tropicana : 50 ans de succès continu

En août 1963, un groupe de jeunes avait compris le besoin et la nécessité de s’unir pour offrir un service à la population. Il est évident qu’au début le service n’était pas trop  demandé, parce que sans doute, le groupe n’était pas suffisamment organisé  et le besoin ne se faisait pas encore sentir. Mais  chemin faisant, le public a commencé à développer une certaine  affinité avec le groupe jusqu’à en faire son groupe de prédilection. Et depuis, il  va de succès en succès. Il a conquis le territoire dans son intégralité et son succès atteint maintenant d’autres horizons. Il est devenu l’ambassadeur qui fait la promotion d’Haïti, de sa culture et de sa musique.

Pour atteindre un demi-siècle, il lui a fallu lutter pour exister année après année avec la même détermination. Victor Hugo l’a dit: « Ceux qui vivent ce sont ceux qui luttent». L’orchestre a lutté sur chaque pouce de terrain pour atteindre cette notoriété. Evoluer 50 ans dans un environnement aussi difficile où tout est à faire sans structure ni ouverture, avec de simples capitaux privés, c’est génial !

Maintenant, l’orchestre ne s’appartient plus. Il revient à la nation haïtienne de le sauvegarder parce qu’il rentre dans  son  patrimoine  culturel. Le 15 août prochain, il ajoutera un nouveau maillon solide à la chaîne de sa vie. Une chaîne construite au  prix de très lourds sacrifices, de labeurs incessants,, d’optimisme sans borne marié à une volonté farouche de réussir. Pour arriver à 2013, Tropic a bravé tous les dangers, lutté contre tous les préjugés, défié le temps avec tous ses caprices, gagné tous  les paris, percé tous les mystères pour faire connaître la musique haïtienne, le compas direct en particulier aux quatre coins du monde. L’une des valeurs sûres de la culture haïtienne mise en relief reconnue et prisée à travers le monde est notre musique; et,  l’une des institutions qui véhiculent cette culture dans toute sa diversité avec élégance, compétence et sérieux est l’orchestre Tropicana.

Les orchestres du Nord, dont l’orchestre Tropicana, sont réputés pour leur discipline par rapport à la ponctualité et à la programmation. C’est une discipline qui rassure les mélomanes et rend très confortables les fans de l’orchestre. Tropic  est une école de grandeur où chaque musicien  est un véritable professionnel, c’est-à-dire, quelqu’un qui fait de la musique pour vivre et qui respecte ses clients. C’est une rigueur qui manque aux musiciens de la nouvelle génération. Tropic le fait depuis 50 ans avec la même aisance et la même constance partout où il est et, à cette attitude envers le public quel qu’il soit. C’est un exemple à suivre.

Au fil des ans, Haïti a connu de grands orchestres qui ont marqué leurs époques, mais ils n’ont pas résisté aux lois du marché, faute de discipline ou en raison d’ambitions démesurées.  Maintenant  on ne parle d’eux qu’au passé. Leurs œuvres sont classées dans la section rétro. Cependant, Il existe encore des orchestres qui ont chevauché au moins deux générations. Ils ne sont pas légion, mais il en reste quand même quelques échantillons qui  continuent d’occuper le haut du pavé. Parmi ces titans de la musique haïtienne, retenons le Tabou Combo, le Magnum Band, l’orchestre Septentrional et l’orchestre Tropicana.

La contribution de l’Orchestre Tropicana à la construction du patrimoine culturel national est considérable. Tropic  a chanté  nos mœurs, nos coutumes, nos habitudes et, dans une large mesure, façonné  la tendance de chaque époque  en y apportant sa touche personnelle de richesse et de diversité dans la musique populaire dansante haïtienne .Maintenant, il s’est confortablement installé dans la galerie des plus anciens et des plus grands orchestres haïtiens en activité. Ses chansons se retrouvent sur toutes les lèvres et retentissent dans les coins les plus reculés du pays. Par sa musique ondoyante et diverse, Tropic  a occupé sans relâche, avec  honneur et mérite,  l’espace qui est le sien dans l’univers musical haïtien depuis sa fondation.

Après  près d’un demi-siècle de prestations  sans trêve, Tropic s’est créé une place d’honneur parmi les plus grands orchestres de la Caraïbe. C’est ce qui fait la fierté de ses fans, des Capois en particulier et des Haïtiens en général. Il représente ce nouveau symbole d’unité, cette nouvelle image de réalisation colossale sur laquelle le temps n’a aucun effet. Cette institution qui obéit à toutes les normes administratives et financières doit être gérée comme un patrimoine par la génération montante. Quelle que soit la chapelle musicale de quelqu’un, il doit reconnaître que Tropicana est un orchestre dont la réputation n’est plus à faire.  Il est une nouvelle fierté régionale, une référence nationale et un modèle  planétaire. Bravo Tropic!

Jacques Louis Etienne

Stanley Toussaint, dit Tantan’n, de retour à la musique avec un nouveau tube

Après une long période d’absence très remarquée sur l’échiquier musical, l’artiste haïtien Stanley Toussaint, alias Tantan’n, est de retour sur la scène musicale avec une nouvelle chanson intitulée « lovers » qu’il chante en duo avec un jeune artiste de la Floride dénommé Sexy Beef. Par ailleurs, selon ce qu’a laissé croire l’artiste, cette musique est mise en diffusion pour annoncer et assurer la promotion de son prochain album qui sortira, dit-il, l’année prochaine.

Néanmoins, le chanteur s’est félicité de la musique et se dit déjà très satisfait de la demande dont elle fait l’objet dans les medias tant en Haïti qu’aux-États-Unis. Il exhorte le public en général et ses fans en particulier de continuer à supporter davantage la musique haïtienne et les artistes solos qui, dit-il, malgré vents et marées, ne cessent de travailler dur pour leur offrir une musique de très bonne facture.

James Jovin