Une récente étude de Statistique Canada révèle que les immigrants et les réfugiés sont plus susceptibles que les personnes nées au Canada de s'inquiéter des répercussions sociales et économiques de la pandémie de COVID-19.

Quarante-quatre pour cent des immigrants ont déclaré avoir un taux élevé les niveaux de préoccupation concernant le maintien des liens sociaux et leur capacité à se soutenir mutuellement pendant ou après la pandémie; 30% des personnes nées au Canada ont déclaré la même chose. L'étude confirme que les différences entre les immigrants et les personnes nées au Canada sont similaires pour les hommes et les femmes.

Les immigrants – souvent des femmes et des hommes racialisés des pays du Sud – sont devenus l'épine dorsale de l'économie et de la main-d'œuvre canadiennes pendant cette crise. Ils ont occupé des emplois peu rémunérés comme les chauffeurs de taxi, les travailleurs agricoles et les soignants de première ligne.

Ce sont des emplois que les personnes nées au Canada évitent. Les immigrants occupent souvent ces emplois non pas parce qu'ils n'ont pas de qualifications professionnelles, mais en raison du manque de possibilités, de la non-reconnaissance de leurs titres de scolarité ou d'un manque «d'expérience canadienne».

Le Canada est un pays d'immigration et un chef de file mondial en ce qui concerne le respect. à la réinstallation des immigrants et des réfugiés. Alors que tous les individus au Canada font face aux impacts de COVID-19, il est crucial de comprendre comment les immigrants et les réfugiés vivent la pandémie et comment aider à amortir son impact.

Statut d'immigrant et liens sociaux

Immigrants reçus, les réfugiés, les travailleurs migrants et les étudiants internationaux peuvent vivre des expériences de migration différentes, mais leur statut de personnes nées à l'étranger ou non nationales présente des similitudes, en particulier lorsque l'on examine leurs liens sociaux pendant la pandémie.

Au Canada, les liens sociaux des immigrants sont souvent compris en tant qu'adhésion à des organisations canadiennes récréatives ou religieuses. Cependant, la recherche montre également que les réseaux locaux de connaissances, d'amis et de services – parfois des réseaux ethniques, parfois multiethniques ou de quartier, et divers groupes communautaires – contribuent et renforcent les liens sociaux des immigrants.

Avant COVID-19, certains immigrants déjà ont raté les types d'interaction humaine auxquels ils étaient habitués dans leur pays d'origine – comme les visages familiers, les salutations d'amis et les produits familiers dans les magasins. Des recherches antérieures ont montré que les immigrants âgés luttent davantage contre l'isolement social et la solitude que les personnes nées au Canada.

L'isolement social résultant du statut d'immigrant est un déterminant important de la santé physique et mentale des immigrants. Il est donc important que les gouvernements et la société civile comprennent comment leurs expériences uniques pendant la pandémie peuvent influer davantage sur leurs résultats en matière de santé et leur bien-être que celles des personnes nées au Canada.

Préoccupations des réfugiés au sujet des risques sociaux

Immigrants, en particulier les réfugiés, sont également plus préoccupés que les personnes nées au Canada – 53 pour cent contre 37 pour cent – par la possibilité de troubles civils pendant la pandémie.

Bien qu'ils aient des réseaux sociaux différents de ceux nés au Canada, les réfugiés peuvent être plus sensibles à certains risques sociaux, comme le désarroi civil ou la capacité de s'entraider.

De nombreux réfugiés vivaient dans des camps, étaient détenus dans des centres de détention ou transitaient par divers pays avant d'accéder à un statut juridique permanent au Canada. Dans mes recherches, j'ai constaté que certains demandeurs d'asile haïtiens avaient fait un voyage difficile de 11 000 kilomètres du Brésil aux États-Unis – souvent à pied et dans des circonstances difficiles – pour demander refuge au Canada.

Cela affecte la santé des réfugiés, et peut également réactiver certains traumatismes liés à leurs voyages de pré-migration et de migration. Cette pandémie est une période d'incertitude élevée et de risque social; les réfugiés peuvent se retrouver à revivre certaines expériences traumatisantes, comme la recherche l'a montré sur l'expérience des réfugiés syriens ou des “boat people” vietnamiens qui sont venus au Canada.

Les recherches sur la grippe suggèrent que les réfugiés et les demandeurs d'asile peuvent être tenus de s'adapter à une double stratégie d'adaptation lors des pandémies. Premièrement, ils doivent respecter les mesures de santé publique, telles que l'éloignement physique. Le second est leur adaptation aux expériences potentielles de migration traumatique et à la stigmatisation sociale. Il est opportun de prêter attention à la façon dont la stigmatisation sociale peut affecter les réfugiés.

Préoccupations concernant les impacts socio-économiques

Les immigrants sont également beaucoup plus susceptibles que les personnes nées au Canada de déclarer que la crise aurait un «grand» ou « impact “modéré” sur leurs finances. Alors que 27% des hommes nés au Canada ont déclaré que la crise aurait une incidence sur leur capacité de s'acquitter de leurs obligations financières, 43% des hommes immigrants ont déclaré la même chose.

Les derniers chiffres du marché du travail d'avril montrent que le Canada a perdu près de deux millions d'emplois dans des secteurs comme la construction, la fabrication, le commerce de détail, l'hébergement et la restauration. Pour les immigrants, les réfugiés et les demandeurs d'asile, une perte d'emploi accroît leur précarité, surtout chez les réfugiés qui ont connu une baisse de leurs revenus au cours des 15 dernières années au Canada.

Parallèlement, l'emploi précaire est en augmentation avec les populations vulnérables comme les immigrants et les réfugiés qui font face à des taux de marginalisation plus élevés que les personnes nées au Canada.

Dans les régions de Toronto et de Montréal où il y a une plus grande proportion de salariés à faible revenu, de nouveaux immigrants racialisés et des taux de chômage élevés, les résidents ont

Peu importe depuis combien de temps les immigrants et les réfugiés vivent au Canada, leur statut de né à l'étranger peut les toucher plus que les personnes nées au Canada pendant et après la pandémie.

Remède potentiel

Certains pays ont utilisé la pandémie comme prétexte pour dénier les droits fondamentaux des migrants en mettant en œuvre des expulsions ou des propagations

Cela peut ajouter aux inquiétudes des immigrants et des réfugiés concernant les impacts sociaux et économiques du COVID-19 sur leur vie. Pour aider à atténuer ces impacts au Canada, nous devons reconnaître la contribution vitale des immigrants, des réfugiés et des autres migrants comme certains des héros de la pandémie.

Les gouvernements fédéral, provinciaux et municipaux au Canada doivent adopter les 14 principes de protection des migrants et les personnes déplacées pendant COVID-19; écrits par des experts en migration, ils fournissent une base pour le plaidoyer et l'éducation pendant la pandémie.

Aujourd'hui plus que jamais, comme l'écrit le chercheur en migration Steven Vertovec, les migrants méritent de l'empathie. Pour promouvoir l'empathie, les gouvernements et la société civile devraient élucider les conditions structurelles et socio-économiques et les vulnérabilités auxquelles sont confrontés de nombreux migrants et réfugiés, tout comme le font le Programme des Nations Unies pour le développement et l'Organisation internationale du Travail en ce qui concerne le COVID-19 et les personnes soumises à la pauvreté dans le monde.

Qu'il s'agisse de réfugiés, de nouveaux arrivants ou d'autres migrants, ce sont des travailleurs de première ligne qui non seulement soutiennent l'économie canadienne, mais permettent également aux autres de rester isolés en toute sécurité à la maison.

Par conséquent, il est impératif que les gouvernements fédéral et provinciaux les gouvernements tiennent compte des défis uniques auxquels sont confrontés les immigrants et les réfugiés lorsqu'ils mettent en œuvre des politiques pour aider les Canadiens à se remettre des effets de la pandémie.

Auteur: Carlo Handy Charles – boursier Vanier, boursier de la Fondation Trudeau et membre du comité d'impact COVID-19 , Boursier CI-Migrations et doctorat conjoint. Étudiant en sociologie et géographie, Université McMaster



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